Le Parti Québécois, au cours de son histoire, a dû tricoter à travers les évidences, les peurs, les référendums perdus et les justifications, si bien qu’il a connu des schismes. Par dizaines. Ces nouveaux partis, pressés d’agir avec plus de diligence, ont fait preuve d’excès de dirigisme et ont eux-mêmes vécu la scission. Les nouveaux groupuscules n’ont pas pu échapper à des démissions fracassantes et assez amères pour engendrer de nouvelles cellules… comme des cellules cancéreuses !
Si les cellules cancéreuses pouvaient s’envoyer des courriels, sur Vigile, elles s’accuseraient les unes les autres de toutes les erreurs tactiques, de toutes les trahisons, comme à l’Assemblée nationale, pour en venir à passer l’éponge et à se solliciter mutuellement pour une alliance stratégique en vue d’un imminent scrutin.
Quel est le but de la manœuvre ? Un peuple minorisé en Amérique refuse de disparaître dans l’humiliation d’une noyade annoncée. Comment ce peuple pourrait-il revirer le cours de l’Histoire ? Sur ce continent « démocratique », il lui suffirait de le décider et de voter majoritairement.
Et alors ?…
Les protagonistes de l’émergence du pays luttent depuis 40 ans. Ils combattent leurs congénères plus passifs, qui préfèrent se dire du pays original, pays qu’ils ont construit et qu’ils n’admettent pas être passé en d’autres mains. Quand les deux groupes s’affrontent au vote : plus ou moins 50/50… Et ces luttes ont laissé des traces chez les descendants. Quelques-uns ont repris le flambeau, mais beaucoup ont pris en aversion ces chicanes cornéliennes (les Horaces contre les Curiaces). Perdu le sens de la famille (éclatée), du village, du peuple ou de la nation. Même la langue maternelle ne semble plus créer d’attaches chez ces mordus de mondialisation. S’il leur arrive encore d’aller voter, ils s’éloignent de tout tabou nommé nation, indépendance, pays, et même Québec. Pour eux, tout ça est du passé. Ce qu’ils recherchent c’est un mot qui n’existait pas de temps de leurs vieux, le mot VERT.
Pour les générations montantes, dans l’abandon du combat électoral démocratique, plusieurs ne voient pas « un peuple se suicider ». Au contraire, dans l’unilinguisation anglaise, le métissage obligatoire, le multiculturalisme « canadian » réduisant les Québécois à une minorité comme les Chinois ou les Ukréniens, ils voient plutôt L’HUMANITÉ ÉVOLUER.
Et c’est rendu à leur tour ! Nous ne serons jamais majoritaires au vote. Nous parlons donc dans le vide, à taper jusqu’à 50 messages sur Vigile autour d’une fracassante démission d’un éphémère parti indépendantiste.
Allons plutôt demander aux Louisianais s’ils aiment l’évolution de l’humanité… Aux franco-Américains de Nouvelle-Angleterre, aux franco-canadiens… Se sentent-ils plus respectés depuis qu’ils ont rendu les armes ? Échappent-ils maintenant aux sarcasmes des dominants sur les f… frenchies ?… Au boycott malveillant des politiciens et des médias ?
Pendant que nous cherchons des francophones en Louisiane, nous empiffrant de « crawfish » épicés et de boudin primitif, prenons le cellulaire Nokia que le neveu, représentant de la compagnie, nous a laissé, pour prendre de ses nouvelles : d’un avion à l’autre, toujours sur appel pour augmenter ses revenus. Vert aux urnes, consommateur dans la vie.
Pas le choix, Mononc : il faut payer le cottage de banlieue, la BM et le chalet au lac.
Citoyen écologique, il y fait signer pétition pour éliminer les phosphates du lave-vaisselle. Son patron lui a déconseillé d’imputer les algues bleues à la multinationale de production porcine car ils siègent ensemble sur le C.A. Pour faire rouler l’économie, il achète chez Wal-Mart et Costco qui accroissent le pouvoir d’achat en Chine par le travail fourni à toute la famille.
Ces jeunes voudront ensuite des automobiles, vertes bien sûr, à l’électricité éolienne importée du Québec : All gets fine, as long as you stop fighting ! What’in a different french culture in North America ?
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
