Les gouvernements minoritaires, tant provincial que fédéral, ne trouvent grâce auprès d’aucune majorité.
Les fonds communs dégringolent.
L’essence se vend 1,50 $ le litre.
Les commerçants persistent à priver les consommateurs des avantages de la parité du huard avec le dollar américain.
Les indépendantistes se désolent devant la désaffection de leur clientèle.
Les fédéralistes sont sans voix devant les bourdes du gouvernement Harper et son alignement persistant de les politiques de la droite néo-con de Bush.
Les économistes persistent dans leurs prédictions de plus en plus erronées.
Les environnementalistes déchirent leur chemise devant les dernières décisions du G8 qui reportent au calendes grecques les espoirs de Kyoto. Les curés s’excusent ou se cachent.
On ne veut pas penser à Omar Kadhr qui pourrit en prison au vu et au su d’un premier ministre qu’on dirait mort cérébralement.
On ne veut pas penser aux partis d’opposition si désorganisés qu’ils sont incapables de proposer une quelconque alternative convaincante, et dont l’absence de leadership se traduit par la caution "de facto" des actions du parti au pouvoir.
On ne veut plus penser aux manipulations des médias concentrés entre les mains de quelques amis du pouvoir.
On ne veut pas penser à la santé qu’on privatise de plus en plus, et à l’éducation qui subit le même sort.
On ne veut plus entendre les mauvaises nouvelles au sujet de la langue française.
Ou du racisme latent qui, paraît-il, habiterait tout Québécois, et qu’a su débusquer la Commission Bouchard-Taylor...
Québec veut fêter !
On n’est pas certain de ce qu’on fête... Mais on parle d’un 400e.
Du Québec ?
De Québec ?
Du Canada ?
Des francophones en Amérique ?
De la poutine ?
On ne sait trop et on s’en balance.
L’important, c’est qu’on fête ! Avec Céline Dion ou Paul McCartney.
En français, en anglais, en arabe, ou même en swahili. Peu importe.
Quand rien ne va, et qu’on veut oublier... quand tout va mal et qu’on veut surtout s’oublier, c’est pas le moment de sortir les "Je-Me-Souviens". C’est plutôt le temps de sortir la Budweiser, la Molson ou la Bleue, puis de boire et de délirer en faisant semblant que tout va bien.
Et en essayant de ne pas penser au lendemain de veille.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
