Je ne comprends pas comment Jean Paul Tellier a pu écrire que “la manifestation du RRQ contre la CDPQ a foiré". Caroline Moreno, notre Cassandre nationale, a aussi écrit
"Les médias ont à peine effleuré le sujet. Radio-Canada a monopolisé, sur la question, une vingtaine de secondes de son précieux temps d’antenne. Cyberpresse a réduit la foule à des dizaines de personnes tandis que Canoe a mis l’accent sur la tournure indépendantiste de la manifestation pour en minimiser la portée : « Par ailleurs, Alain Giroux, un résident montréalais, se dit un peu étonné de l’ampleur « nationalisme-souveraineté » que prend la manifestation. « Je suis d’accord avec la plupart des grandes lignes que soulève cette initiative, qui s’oppose aux façons de faire de la Caisse et du gouvernement, mais c’est pas une marche pour l’indépendance. »
C’est un exploit d’avoir trouvé ce Montréalais qui a fait cette déclaration en partie éteignoir. On aurait pu interviewer cinquante personnes présentes à cette Action qui auraient souligné que Michael Sabia a eu pour maître Paul Tellier, un ami de Trudeau et de Mulroney et un grand défenseur de l’unité canadienne au Conseil privé à Ottawa. Et pour dire que Michael Sabia a été membre du Conseil pour l’unité canadienne (Canadian Unity Council) qui a financé Option Canada et investi des centaines de milliers de dollars pour assurer la victoire du NON en 1995 dans un total irrespect de la loi québécoise qui établissait des règles du jeu démocratiques votées à l’unanimité par l’Assemblée nationale. Et que ce genre d’action en faveur de l’unité canadienne le situe dans un camp dont les victoires sont la conséquence d’actions illégales et non démocratiques et qui devrait en avoir honte.
J’ai passé la journée à examiner les impacts de cette Action (et non cette manifestation, la nuance est importante). Les images suivantes ont été vues plusieurs fois : des dizaines de personnes s’opposent à la nomination de Michael Sabia et remplissent l’écran. Ils marchent derrière une large banderolle où est écrit en gros : QUÉBEC LIBRE. De Patrick Bourgeois, une déclaration qui demande la démission de Sabia. De Pierre Falardeau, la barbe en bataille, on entend que la Caisse n’investit que 10% de ses milliards au Québec et que ça n’a pas de maudit bon sens.
C’est déjà pas mal. Aux différentes nouvelles qui parlent de la Commission parlementaire sur la Caisse de dépôt, l’Action du RRQ permet de dire que cette Commission se tient dans un climat de tension et de mécontentement pour les milliards perdus. Et les retraités déplorent l’absence du ministre des finances Raymond Bachand.
Je suis donc entièrement d’accord avec Patrick Bourgeois, un des organisateurs, qui écrit :
“Bref, pour une première, nous du RRQ, nous sommes très satisfaits. Et la prochaine arrivera plus rapidement que certains semblent le croire... Lancer un mouvement de colère populaire, ça ne se fait pas du jour au lendemain.”
Je ne sais pas pourquoi il parle d’une première : il me semble que le Réseau de résistance du Québécois était là pour contester la remémoration de la bataille des Plaines d’Abraham ; il me semble que le RRQ était là lors de l’affaire St-André ; il me semble que le RRQ était là lors de l’affaire des graffitis indépendantistes à Québec.
Les images vues à la télévision en face de la Caisse de dépôt sont grandement positives. On voyait des Québécois indépendantistes sérieux et convaincus engagés dans une lutte pour que la Caisse de dépôt joue dans l’économie du Québec le rôle pour lequel elle a été créée. Michael Sabia, j’en suis sûr, sent la pression. Il doit commencer à comprendre qu’il est à la tête d’une institution qui s’appelle la Caisse de dépôt et placement du Québec. Du Québec, monsieur Sabia et qu’on ne vous laissera pas suivre les traces de votre mentor Paul Tellier, un ennemi personnel de Jacques Parizeau.
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 13 mai 2009
