Bonjour M. Vallée,
vous avez raison, vous résumez parfaitement l’histoire de l’ADQ. Effectivement, l’ADQ était prometteur au début, et j’ai voté pour le premier député élu à l’Assemblée nationale (un dénommé Corriveau il me semble), mais ce n’était honnêtement que pour ne pas voter PQ, et ça n’a rien à voir avec le député péquiste. Je le jure, j’ai toujours voté PQ et BQ par la suite :)
L’ADQ, théoriquement, promettait réellement une troisième voie : pas le statu quo, et pas la souveraineté. Quoi alors ? Confronter le Canada, l’obliger à nous réintégrer constitutionnellement (j’imaginais par le poids démocratique des Québécois, en utilisant des référendums). J’étais plus naïf qu’aujourd’hui. Ça m’apparaissait, et ça m’apparait encore, quelque chose à essayer étant donné que les Québécois, en général, ne bougeront jamais jamais d’eux-mêmes. Même s’ils s’en défendaient dans un sondage, je crois, moi, que les Québécois ressentent inconsciemment le besoin d’un grand frère, un "grand" qui s’occupe de nous.
Bon, alors quoi faire ? Même si nous savons que le Canada ne bougera jamais, qu’il faut donc devenir indépendant pour qu’il daigne nous considérer sérieusement (pour ceux qui tiennent à une confédération), même si nous savons cela, notre système démocratique nous oblige à faire autrement. Nous ne sommes pas obligés, comme le PQ nous le propose, de ne rien faire et attendre, juste essayer de résister. Nous pouvons prendre position, en s’y engageant en campagne électorale, et forcer le ROC à revoir sa Constitution pour que nous redevenions de vrais canadiens, comme autrefois. C’est le voeu inavoué de la majorité, je crois ça, pour moi la majorité n’est pas politisée et a donc, en conséquence et en général, une opinion simplifiée des événements.
Je dis que si l’ADQ avait réussi à forcer des négociations constitutionnelles, ça aurait nécessairement ramené la question nationale au premier plan de l’actualité, quotidiennement et sur une longue période. Un exercice de politisation, de prise de conscience citoyenne. Un tel exercice est risqué, ça pourrait déboucher sur la souveraineté mais aussi sur une réintégration " à rabais" au Canada, mais je crois que l’inaction est encore plus risquée étant donné l’accélération manifeste de notre lente mort. On nous déconstruit de plus en plus ouvertement. Nous ne sommes pas dans les rues, tout ça n’est pas si grave, la marmite des grenouilles, dont la chaleur augmente lentement, achève de nous cuire. Le PQ ne veut pas voir cela.
La majorité vote PLQ parce que le PQ souverainiste lui parait trop radical. Celui-ci a beau nier de plus en plus fort, rassurer les gens qu’il ne fera pas la souveraineté, personne ne le croit. Il sera réélu dans 4 ans avec moins de 40 % des voix, où voulez-vous aller avec ça ? On ne peut pas faire la souveraineté en ralliant si peu de gens aux élections, car ensuite, l’appui baisse toujours, inexorablement. C’est mathématique. C’est pour cela que le PQ est coupable de fausse représentation, autant face aux fédéralistes que face aux souverainistes.