Sommes-nous près ou loin de notre conscience
Où sont nos bornes nos racines notre but […]
Nous sommes corps à corps nous sommes terre à terre
Nous naissons de partout nous sommes sans limites
Paul Éluard, Notre mouvement, in Le dur désir de durer
Je me souviens encore de ce soir où je suis devenu chroniqueur de Vigile. J’avais fait parvenir une quinzaine de textes à l’éditeur de Vigile.net que je ne connaissais pas encore.
En réponse à cet envoi massif, le même soir, Bernard Frappier m’avait aussitôt proposé de devenir chroniqueur. De remplacer Caroline Moreno.
Voici un large extrait de ce message.
« Bonsoir M. Lapointe
C’est un plaisir de vous accueillir sur Vigile. Même si, au premier contact, l’abondance des textes reçus m’a un peu fait paniquer… Je les ai lus et appréciés, sauf les trois derniers que je lirai plus tard.
Votre message me pousse à vous faire une suggestion. Si vous connaissez Vigile depuis quelque temps, vous aurez eu l’occasion de lire les BILLETS DE CAROLINE, un court commentaire quasi-quotidien sur l’actualité. Malheureusement, madame Moreno a quitté Vigile […]. Ce sont des choses qui arrivent.
Alors… ça vous dirait de prendre la suite ? Vous faites les choses à votre guise. La seule attente que j’ai, c’est un commentaire (court) de l’actualité dans une perspective souverainiste.
Vous n’êtes pas obligé d’accepter, mais comme vous me dites disposer de temps libre et avoir le goût de l’écriture, je vous offre une vitrine. […]
Cordialement
Bernard Frappier »
On parle souvent de la confiance témoignée entre associés, employés et patrons. Ayant occupé tour à tour toutes ces positions, je connais bien la nature de cette relation privilégiée qui peut naître entre collaborateurs, qu’elle soit absolue ou relative.
Celle que m’a témoignée Bernard ce soir du 8 mars 2008 était d’une tout autre nature, sans a priori, tout simplement généreuse.
La main que m’a tendue Bernard ce soir-là a complètement changé ma vie. Il devait bien s’en douter.
Pendant ces quatre années et demie où nous avons travaillé ensemble, jamais cette confiance n’a fléchi.
Son engagement non plus.
En avril 2010, à la suite d’un courriel où je lui faisais part de mon inquiétude au sujet de son absence de l’espace « administrateur », là où s’effectue la mise en page des articles publiés sur Vigile, fidèle à lui-même, Bernard me répond…
« Bonjour Louis
un mois en retard…
j’ai repris le travail à la mi-mars, après avoir subi 2 opérations en février.
ça va pas fort - je vieillis.
mais je le ferai jusqu’à la fin, le plus tard possible…
J’espère que de ton côté les choses vont rondement.
Cordialement
Bernard »
Le dur désir de durer…
« jusqu’à la fin, le plus tard possible… »
***
Également, à propos de Bernard et de Vigile :
La souveraineté, plus personne n’a envie de parler de ça !
Notre conviction est notre force, le désert notre refuge et la liberté notre parole


