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« Nous avons eu l’impression, presque constamment au cours de notre histoire du dernier siècle, d’être en quelque sorte une colonie intérieure dont on tolérait la "différence" à condition qu’elle fût résignée à son sort et à l’infériorité collective qu’il lui imposait. » René Lévesque
             
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Je lance l’appel aux caribous
Les caribous, généralement appelés les « purs et durs », sont d’une race que j’admire.
Louis-Joseph Benoit
Tribune libre de Vigile
vendredi 18 avril 2008      434 visites      9 messages


Actuel, en cette période du « nous »,
Pressant, quand le « beau risque » c’est vous,
Je lance l’appel aux caribous.

Les caribous, généralement appelés les « purs et durs », sont d’une race que j’admire. Ils sont souvent vieux, mais contrairement à ce qu’on dit souvent ils sont aussi plusieurs jeunes. Ils sont passionnés et persistants, mais aussi aigris par les défaites, les déceptions, les rejets et les injustices qu’ils ont vécus. Ils vivent souvent et fièrement, quelques fois même s’ils n’étaient pas là en personne, toute leur démarche avec la devise du Québec au coeur : Je me souviens.

Il y a deux types de caribous… S’il est clair qu’ils se souviennent, certains d’entre eux sont malheureusement comme ces vieux un peu conservateurs qui radotent toujours la même chose, qui restent toujours dans le passé, qui sont cyniques et qui sont en réalité au fond déjà morts. Mais il s’en trouve plusieurs et je le répète ce n’est pas une question d’âge, dont je considère faire partie. J’espère qu’il y en aura de plus en plus de ceux-là, qui se souviennent plutôt comme ces beaux vieillards qu’on aime, qui se rappellent, apprennent de leur vécu certes, mais en se tournant vers l’avenir, sans se répéter, en acceptant le changement. Positifs et optimistes, ils font confiance aux générations futures du Québec. Je suis un de ces caribous optimistes et ce message s’adresse à l’autre type qui je l’espère, m’entendra.

On compare souvent la nouvelle orientation du PQ vers l’indépendance nationale au « beau risque » vers le fédéralisme que ce parti avait pris durant les années 80 alors qu’en réalité s’il y a un beau risque actuellement, c’est celui du référendum ou de l’indépendance à tout prix. On fait cela, car le PQ a décidé de cesser de parler des processus d’accession vers l’indépendance tout en cessant de la promettre tant qu’on ne peut la livrer, pour s’orienter vers une démarche progressive où on en parle, mais en étant honnêtes, en offrant du concret qu’on peut livrer, en faisant avancer le Québec. Ceux qui disent ça oublient d’ailleurs qu’au temps du « beau risque » ce qui avait causé tant d’opposition chez certains ministres et députés, dont l’actuelle chef du PQ Pauline Marois, ce n’était pas tant le changement de démarche que l’acceptation du fédéralisme et le refus de parler d’indépendance qu’avait pris Lévesque.

Voici une citation intéressante : « (Le PQ doit réclamer) le rapatriement des pouvoirs et des points d’impôts essentiels à la réalisation d’une politique de plein-emploi. » Encore une autre : « C’est en ces termes concrets et actuels, sous forme d’objectifs partiels, progressifs, axés vers un but accessible à court terme, que la souveraineté doit être présentée au peuple québécois. ». Ce ne sont pas là des paroles de Claude Morin, ce sont celles de Camille Laurin le 3 décembre 1984 et le 10 janvier 1985 respectivement, en réponse au « beau risque » justement.

Or il est évident que le PQ actuellement n’accepte pas le fédéralisme et qu’il parle toujours d’indépendance. La réalité des sondages démontre qu’il n’y a pas la fièvre nécessaire à un référendum gagnant ou encore moins à une élection à majorité populaire. Outre cela, le simple bon sens politique devrait dicter qu’on prenne le pouvoir au plus tôt pour stopper l’hémorragie du gouvernement « à-plat-ventriste » de Charest et opposer les faux demi-cadeaux symboliques de Harper. L’idée de romantiquement risquer le tout pour le tout en se disant que ce n’est pas grave si on perd à court terme, car tout gain le sera pour l’indépendance pure et simple est dangereuse. Un mouvement populaire doit se nourrir de victoire et de franchise. Vaux mieux une victoire avec compromis (mais jamais avec compromissions) qu’une défaite par dogmatisme. De toute façon déjà nous avons de la difficulté à nous nourrir de victoires avec toutes les défaites que nous vivons. Nous sommes sans cesse obligés de nous inventer des «  victoires morales » pour compenser. Je n’aime mieux pas imaginer si on allait de défaite en défaite pour les prochaines années. Puis ça ne vaut même pas la peine de s’attarder sur ceux qui prônent une indépendance sans vote populaire majoritaire, car autant c’est irréaliste, autant ce n’est jamais arrivé dans le monde depuis le 20e siècle. Les pays qui ont fait leur déclaration avec une simple majorité parlementaire avaient toujours un soutien clair de a population. Bien sûr, on s’est fait voler le dernier référendum et ça pourrait justifier ce type de démarche inusitée, mais pour ça il faudrait avoir au moins un semblant de consensus sur ce qui s’est passé en 95, ce dont je ne crois pas qu’on soit proche. À la place, nous devrions utiliser cette injustice plutôt pour légitimer de futurs gestes de « gouvernance souverainiste » (ou gestes de ruptures si vous préférez). Mais bon, je vais tout de même concéder à ces caribous que leur démarche «  c’est un risque… mais c’est un beau risque. »

Par contre, il ne faut pas oublier que ce n’est pas risqué que pour les indépendantistes, c’est risqué pour le Québec. En partie parce que comme on l’a vu dans le passé chaque fois que le mouvement indépendantiste se retrouvait divisé ou affaibli c’est le Québec qui payait pour. C’est ce qui s’est passé en octobre 70, en 1982 lors de la Nuit des Longs Couteaux, vers la fin des années 80 avec les réductions de la loi 101 par le PLQ, après le référendum de 95 avec la loi sur la clarté et les commandites (le plan B), c’est ce qui se passe depuis 2005 avec le PLQ qui demande si peu que toute offre d’Ottawa satisfait et endort notre peuple. Mais dans la logique de ces caribous c’est bien ainsi, car ils se disent que pire on traite les Québécois au Canada plus ils voudront l’indépendance. Si on avait suivi cette logique jamais la loi 101 n’aurait été adoptée. Ils ont tendance à oublier aussi qu’excepté pour les nationalistes très mous, les anglophones et les chantres du bilinguisme au Québec, les principaux opposants de Laurin à l’époque justifiaient leur critique exactement de la même manière en disant : « Si on fait ça pourquoi les Québécois voudraient l’indépendance par la suite ? » Camille Laurin avait fait le pari que c’était nécessaire pour soigner l’esprit de colonisé des Québécois et que ça aiderait la cause. Si on ne peut prouver hors de tout doute qu’il avait raison, on ne peut pas dire que ça a nui à la cause non plus. Donc dans l’optique où ça n’aurait pas affecté le support à la cause que reste t’il ? Il reste que maintenant malgré toutes les réductions qu’elle a subies, la loi 101 est un consensus qui a fait avancer le peuple Québécois et qui a fait de langue française une langue bien plus présente et utile qu’elle l’était dans le passé. Que serait Montréal aujourd’hui si ça n’avait pas été fait alors que la majorité de mes concitoyens sont maintenant anglophones selon le dernier rapport de Statistique Canada ? C’est donc dans cette optique dans la ligne directe de Laurin que nous disons qu’il faut faire avancer le Québec en faisant le pari que ça donnera plus de pouvoirs au peuple tout en aidant la cause, en prouvant les limites du régime fédéral et surtout en faisant goûter un peu de liberté aux Québécois par espoir qu’ils y prennent goût. Puis si notre pari est raté, nous aurons au moins légué autre chose que des défaites à nos enfants et au Québec. C’est ça gouverner en indépendantistes.

C’est d’ailleurs à peu près exactement la position que défendait le MES. Si on observe la Maquette Gagnon-Pinel, ce que le PQ propose actuellement c’est exactement l’indépendance progressive et réelle par actes d’État qui y est dépeinte, non pas celle imaginaire et rêveuse de la démarche référendaire (ou d’une victoire électorale indépendantiste majoritaire, ce qui est encore moins réaliste et revient à peu près au même) dans les prochaines années. Ce qu’il faut c’est faire l’indépendance sans référendum et sans majorité, juste avec une victoire électorale. Mais en même temps la faire par morceaux et la construire solidement, pas embarqué dans une démarche « d’Indépendance instantanée » qui comme toute chose instantanée est généralement de mauvais goût et peu consistante. Bien sûr qu’il y a encore des étapistes et des carriéristes au PQ et qu’il y a actuellement un risque pour le concept que nous défendons. Concept bien exprimé par les textes des 3 Travaux du PQ (dont je fais partie) et celui sur la gouvernance nationale que nous a livré Gérald Larose cet automne dans les pages de l’Action nationale. Mais comment voulez-vous que nous gardions le cap si tous ceux qui sont à la base et sont les plus purs défenseurs de ces idées quittent le navire ?

Au Québec il y a en ce moment de grandes discussions sur l’identité, sur la nation, le "nous" pour résumer. Il y a aussi 3 partis qui sont de différentes manières nationalistes : le PQ, l’ADQ et le PI. Il y a en même temps 3 partis qui sont de différentes manières souverainistes : le PQ, QS et le PI. Sans compter aussi le PRQ, les MLs et autres ultramarginaux. Si l’on additionne les votes du PQ et de QS, cela donne un résultat supérieur à l’ADQ et si l’on avait uni nos forces aux dernières élections il y a au moins quelques sièges que nous n’aurions pas perdus ; sans compter les luttes fratricides que nous continuons dans Gouin et surtout Mercier entre progressistes souverainistes.

Finalement, ce texte est donc un appel à la mobilisation modestement lancé en tout respect à ceux que j’appelle avec affection, taquinerie et un certain sens historique « les caribous », mes soeurs et frères compatriotes dans ce combat pour l’indépendance du Québec que nous menons. À la mobilisation, car nous sommes dans une période critique : le PQ est devenu le troisième parti, la population ne veut plus de référendums (ce qui est bien pour redevenir directs, mais peut être dangereux si on utilise pas cette opportunité), les débats sur la question nationale ne sont plus à l’ordre du jour, mais pas contre et c’est positif, les gens veulent plus que jamais parler de culture, d’histoire, d’intégration, « d’identité ». Dans cette période il faut impérativement que nous soyons unis. « L’unité des indépendantistes même si elle pose des problèmes, même si elle est rude par moment, difficile à faire, elle le sera dans les temps qui viennent, dans l’immédiat tout au moins, va constituer au Québec une force plus redoutable qu’on n’en a jamais vu. » André d’Allemagne a dit cela lors de l’entrisme du RIN et il ne pouvait si bien dire, mais cela s’applique tout aussi bien à aujourd’hui.

Si les péquistes s’unissent actuellement il reste tout de même plusieurs franges de militants, partisans et électeurs à rallier et c’est important que ce soit au PQ. Le problème c’est qu’il semble que certains ne seront jamais satisfaits. D’ailleurs, cette maladie unique aux caribous de la «  radicalité purzédure aiguë » semble être contagieuse et se répandre. J’ai déjà entendu des victimes de cette maladie pour dire qu’en 95 lorsqu’ils ont voté oui ils n’étaient pas sûrs de ce que ça donnerait et qu’ils doutaient de la volonté politique du gouvernement (je rappelle que le PM était Jacques Parizeau). Ils vont même jusqu’à renier Bourgault en oubliant qu’il a toujours et jusqu’à la fin prônée l’union des indépendantistes dans le PQ. Il le fit même en 2003. À cette élection qui fut un peu le début de ce creux que nous vivons, cette défaite qui causa plus ou moins directement le départ de M Landry, ce vote où beaucoup d’indépendantistes restèrent chez eux. Élection d’ailleurs qui aurait dû peut-être nous permettre d’accéder à l’indépendance ou en tout cas d’avancer si nous avions été au pouvoir lors de la sortie du « scandale des commandites » alors qu’en 2005 près de 50% de la population était prête à voter oui. Ils ont aussi renié leur PM favoris Jacques Parizeau, lors de la dernière élection en refusant d’écouter et répondre à sa demande de se rassembler et d’aller voter PQ. Ce sont encore les mêmes qui critiquaient tellement le chef du PQ et se vantaient tellement d’avoir fait avancer la cause et d’être les piliers de celle-ci, qu’ils ont oublié de militer pour leur représentant à l’Assemblée nationale Jean-Claude Saint-André en mars 2007. Ils l’ont abandonné alors qu’il s’était toujours battu contre vent et marée pour eux. Ils ont abandonné l’Assomption, l’ancien comté de Parizeau, le pays des Cowboys fringants et le centre souverainiste de Repentigny s’il en est un, à l’ADQ. Ils ont abandonné les citoyens de cette circonscription aussi ; et moi, j’en ai même vu pleurer pendant des jours cette défaite incroyable. Tous ces abandons ils les ont justifiés par leurs désaccords avec les chefs, par leurs frustrations, leur fatigue et c’était peut-être de bonnes raisons.

Par contre si les abandons sont justifiables il est inacceptable qu’ils nuisent à la cause par leur division, qu’ils nous fassent exactement ce qu’ils reprochaient à Lévesque en s’accrochant et en prenant un « beau risque ». Je ne leur dis pas « hors du parti, point de salut », je leur dis plutôt de venir apporter leurs points de vues divergents et non partisans dans le parti et persister dans celui-ci. Je leur dis qu’à mon humble avis c’est plutôt « contre le parti, point de salut. » Si vous voulez encore vous engager concrètement, de manière constructive bienvenue à vous, mais sinon laissez faire ceux qui gardent espoir. On ne peut tolérer d’être divisés lorsque tous nos opposants, excepté le PLC et encore, sont unis. Si nous voulons l’indépendance nationale, il ne faut pas seulement que les péquistes soient unis, il faut que tous les indépendantistes le soient. Écoutez mon appel...

Caribous du Québec, unissez-vous... au PQ !

Louis-Joseph Benoit

Représentant jeune du Parti Québécois de Verdun

http://m-e-s.org/
http://les3travaux.blogspot.com/
http://www.action-nationale.qc.ca/

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • Je lance l’appel aux caribous
    18 avril 2008

    Le PQ a chassé les caribous en utilisant tous les moyens inimaginables. J’en ai été victimes comme tant des miens. Votre cri ressemble à celui des fédéralistes de 1995 : « Partez pas, on vous aime »...Pour ensuite oublier.

    Le caribou, comme vous m’appelez si gentiment, est parti dans la montagne. Il n’a plus le goût de patauger encore des années et des années dans les marécages du PQ délavé.

    Le temps du mépris a assez duré.

    Pierre B.


  • Je lance l’appel aux caribous
    18 avril 2008

    J’oubliais, cher Monsieur,

    Je vois déjà venir la réplique au lendemain du 12 mai, tenue des élections partielles. Si le PQ perd dans les deux comptés de l’est de Montréal, ce sera la faute du Pi qui ...a divisé le vote.

    En démocratie, on divise toujours le vote.Pour s’unir, il faut se ressembler...afin de se rassembler. Rien ne ressemble à l’indépendantisme que la dernière position adoptée par le PQ, lors de son dernier Conseil général.

    Pierre B.


  • Les "caribous" sont partis
    19 avril 2008, par Suzanne Lachance

    Il y a plusieurs "caribous" (quelle appellation ridicule, par ailleurs, et qui vise justement à ridiculiser les indépendantistes au sein du PQ) qui sont déjà rendus dans un autre pacage, et ne reviendront plus à l’endroit où tout a été brouté ! Pleurs et grincements de dents n’y feront rien.

    Comme le dit si bien Pierre B., il faut se ressembler avant de se rassembler.

    Merci pour l’expression, Pierre B., je vais l’utiliser.


  • Orignal, quand tu brames orignal !
    21 avril 2008, par Nicodème C

    Je ne crois pas, que l’appellation « Caribou » soit ridicule et, croyez moi madame Suzanne Lachance, elle n’humilie en rien les indépendantistes ou les souverainistes que nous sommes. Quand Louis-Joseph Benoit parle de « divisions » il le fait par amour et convictions. On ne peut pas lui reprocher de relater certains faits. Sur ce, je lui donne entièrement raison : nous sommes divisés, nous manquons d’unité, de cohésion. Nous somme incohérents, inconsistants et par le fait même inconséquents. Nous jouons le jeu de nos adversaires ; Nous pataugeons dans leurs guerres intestines. Nous versons l’huile de la souveraineté sur le feu de l’indépendance (et vice versa) et c’est l’idéal d’un peuple et du pays qui brûle en millions de « particules ». Restons unis autour du même feu. Il nous faut relire les grands puiser à leur source. Souveraineté ou indépendance ne sont que des étapes à considérer dans le cadre des démarches qui nous mèneront à la liberté, l’épanouissement… Gaston Miron, extrait de La marche à l’amour.

    […dans le froid des plus lointaines flammes puis les années m’emportent sens dessus dessous je m’en vais en délabre au bout de mon rouleau des voix murmurent les récits de ton domaine à part moi je me parle que vais-je devenir dans ma force fracassée ma force noire du bout de mes montagnes pour te voir à jamais je déporte mon regard je me tiens aux écoutes des sirènes dans la longue nuit effilée du clocher de Saint-Jacques et parmi ces bouts de temps qui halètent me voici de nouveau campé dans ta légende…]


  • Je lance l’appel aux caribous
    21 avril 2008, par Suzanne Lachance

    Nicodème C.,

    L’appellation "caribous" a été retenue pour désigner les indépendantistes déterminés, dans le but de les caricaturer après l’affaire des caribous (les vrais, ceux-là) qui se sont noyés massivement dans la rivière Caniapiscau en 1984.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Caribo...

    À l’époque, on a évoqué la possibilité de comportement suicidaire chez ces caribous. Au PQ, on a utilisé l’expression pour qualifier de suicidaire la volonté des "purs et durs" d’aller de l’avant avec leur projet.

    Il ne s’agit pas d’un compliment.


  • Je lance l’appel aux caribous
    21 avril 2008, par Louis-Joseph Benoit

    Voilà quelqu’un d’informé. Je suis content qu’on mentionne la source du terme "caribous". Ce fut effectivement une insulte pour certains à cette époque.

    Pourtant j’aime bien cet animal mais c’est plutôt personnel. J’aime bien me l’auto-lancer cette insulte aussi mais je suppose que c’est votre droit de ne pas l’aimer. Si qui que ce soit se sent insulté par ce terme, je m’en excuse sincèrement, c’était surtout une inspiration voire un choix "artistique" imagé mais aussi approprié. J’aurais pus écrire un texte qui se serait intitulé "Message aux indépendantistes" mais ça aurait été moins intéressants et le début du texte me venait naturellement avec cette idée. De plus, puisque je ne suis pas de la génération de ceux qui ont vécu cette époque et que peu se rappellent de se terme je me sentais à l’aise de l’utiliser davantage pour ce que s’est : un fier animal de chez nous.

    Du reste, j’espère que vous avez le sens de l’humour car si je ne crois pas vraiment pouvoir vous faire changer d’avis, j’aurai essayer et je ne peux donc pour finir que vous souhaiter que les eaux soient bonnes...

    En tout cas, plus sérieusement, je tenais à vous réitérer toute mon admiration même si je me désole de cette division dans une heure si cruciale.

    Veuillez agréer, chers compatriotes, des sentiments profonds d’un caribous un peu plus optimiste que vous...


  • Je lance l’appel aux caribous
    21 avril 2008

    L’indépendantisme déterminé est si rare. C’est une nouveauté, un phénomène de masse encore à naître. Mais comme celui-ci n’a pas de tradition bien ancrée, il est facile de lui faire porter toutes les plaies d’Égypte, même si les caribous y étaient absents. Certains s’imaginent que la détermination dont a fait preuve le Pq au fil des ans serait suffisante pour faire du Québec un pays. Il suffirait, dit-on, d’un léger coup de barre. On se fait accuser de rêver, mais vraiment, là, on ne rêve plus. Je crois que nous sommes en plein délire.

    GV


  • Je vous relance l’appel aux caribous
    22 avril 2008, par Nicodème
    Bonjour Madame Lachance Je vous remercie pour l’explication. Je n’étais pas au courant de cette déformation. Quoi qu’il en soit je suis fière de ma condition de « caribou » et ne l’a renie en rien. Bien au contraire ! Je prendrai l’exemple de nombreux Patriotes qui se sont sacrifié pour nous tout en sachant ce qu’ils risquaient. Est-ce une forme de suicide que de croire jusqu’au bout ? Peut-on (...)

    Lire ce commentaire

    Bonjour Madame Lachance

    Je vous remercie pour l’explication. Je n’étais pas au courant de cette déformation. Quoi qu’il en soit je suis fière de ma condition de « caribou » et ne l’a renie en rien. Bien au contraire ! Je prendrai l’exemple de nombreux Patriotes qui se sont sacrifié pour nous tout en sachant ce qu’ils risquaient. Est-ce une forme de suicide que de croire jusqu’au bout ? Peut-on blâmer le caribou d’être ce qu’il est ? Peut-on l’accuser d’acte suicidaire quand il cherche au dépend de sa vie son lieu de pâture ? À ce titre-là, le Chevalier de Lormier était un maître « caribou »…

    sur ce, je vous laisse sur ses dernières paroles en fin de testament :

    […Je laisse des enfants qui n’ont pour héritage que le souvenir de mes malheurs. Pauvres orphelins ; c’est vous que je plains. C’est vous que la main sanglante et arbitraire de la loi martiale frappe par ma mort. Vous n’aurez pas connu les douceurs et les avantages d’embrasser votre père aux jours d’allégresse, aux jours de fête. Quand votre raison vous permettra de réfléchir, vous verrez votre père qui a expié sur le gibet des actions qui ont immortalisé d’autres hommes plus heureux. Le crime de votre père est dans l’irréussite. Si le succès eût accompagné ses tentatives, on eût honoré ses actions d’une mention respectable. « Le crime fait la honte et non pas l’échafaud. » Des hommes d’un mérite supérieur au mien m’ont déjà battu la triste carrière qui me reste à courir de la prison obscure au gibet. Pauvres enfants ! Vous n’aurez plus qu’une mère tendre et désolée pour soutien (et) si ma mort et mes sacrifices vous réduisent à l’indigence, demandez quelques fois en mon nom, je ne fus pas insensible aux malheurs de l’infortune.

    Quant à vous mes compatriotes ! Puisse mon exécution et celle de mes compagnons d’échafaud vous être utiles. Puissent-elles vous démontrer ce que vous devez attendre du gouvernement anglais. Je n’ai plus que quelques heures à vivre, mais j’ai voulu partager ce temps précieux entre mes devoirs religieux et ceux à mes compatriotes. Pour eux, je meurs sur le gibet de la mort infâme du meurtrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants, de mon épouse, sans autre appui que mon industrie et pour eux je meurs en m’écriant : Vive la Liberté, Vive l’indépendance.] Chevalier de Lorimier

    Nul honte à être affublé de Caribou, c’est un honneur !


  • Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
    23 avril 2008
    Dans un texte paru sur Vigile, un jeune militant du Parti québécois, Louis-Joseph Benoit, lance un appel à tous les indépendantistes "purs et durs" qu’il désigne comme des "caribous"* pour qu’ils réintègrent ce parti. Ma réponse sera claire et précise. 1- Depuis l’élection de 1974 et l’adoption de la doctrine de l’étapisme, aucune élection n’a eu comme thème l’indépendance nationale du Québec. (...)

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    Dans un texte paru sur Vigile, un jeune militant du Parti québécois, Louis-Joseph Benoit, lance un appel à tous les indépendantistes "purs et durs" qu’il désigne comme des "caribous"* pour qu’ils réintègrent ce parti.

    Ma réponse sera claire et précise.

    1- Depuis l’élection de 1974 et l’adoption de la doctrine de l’étapisme, aucune élection n’a eu comme thème l’indépendance nationale du Québec. Aucune ! Le Parti québécois dont l’objectif principal est de "réaliser la souveraineté" du Québec s’est contenté de faire "la promotion de la souveraineté" pendant seulement 2 courtes périodes d’environ un mois, lors des référendums de 1980 et de 1985. En dehors de ces périodes, ce fut le vide absolu, les élus du PQ étant trop absorbés par la quête du pouvoir et la gouvernance provinciale pour mettre en place un plan d’action sérieux et efficace à ce niveau en utilisant à cette fin les fonds publics. Le fameux "sortir, parler, convaincre" est devenu le mythe le plus percutant du PQ et l’école de la souveraineté, un échec patent.

    2 - Après l’échec de l’élection de 2003 dont le thème (provincial) était la "conciliation travail-famille", Bernard Landry a lancé la "Saison des idées" avec l’intention bien arrêtée de recentrer le discours et l’action militante du PQ sur la souveraineté. Plus de 15 000 militants de la base y ont participé et tout cela a servi à alimenter le XVè Congrès du parti de juin 2005. Lors de ce congrès, auquel ont participé près de 3 000 militants et élus, un plan précis et détaillé sur l’accession à la souveraineté a été adopté à la quasi unanimité par tous les délégués, dont faisaient partie Mme Pauline Marois, qui l’a défendu au micro.

    3 - Ce plan, qui fait encore partie du programme officiel du Parti québécois puisqu’il n’a pas été aboli par un autre congrès, est divisé en 2 étapes, intimement liées l’une à l’autre. Dans la première étape, le Parti québécois doit préparer, après une consultation populaire, un "projet de pays" - c’est d’ailleurs le titre du programme - comprenant, entre autres, des politiques nationales sur le pays, des études sur la souveraineté et un cadre financier d’un Québec souverain. Et surtout, il est écrit en toutes lettres au chapitre 1.2.3 du programme que le thème de l’élection doit être le projet de pays. Dans une deuxième étape, on devait faire une consultation populaire sur le projet de pays, un référendum sur la souveraineté le "plus tôt possible dans le premier mandat" et un référendum sur une constitution.

    4 - Que s’est-il passé par la suite ? Il s’est passé, qu’avec l’arrivée d’André Boisclair à la tête du PQ, les dirigeants et les élus du parti ont détourné le programme et ont violé les statuts du Parti québécois en faisant adopter par le Conseil national de Laval, avant l’élection de 2007, une "feuille de route" exclusivement provinciale avec un cadre financier provincial alors que le programme officiel voté lors du XVè Congrès avait donné l’ordre formel de préparer un "projet de pays" et de le présenter à l’électorat. Le "projet de pays" est donc disparu de l’agenda péquiste et André Boisclair s’est retrouvé "Gros-Jean-comme-devant" à devoir défendre la tenue d’un référendum le plus tôt possibe. Autrement dit, on annonçait un repas frugal, mais on avait oublié de préparer le menu et de mettre la table. On connait le résultat. De 50% le Parti québécois est passé à 28% et est devenu le 2è parti d’opposition.

    5 - Après la démission d’André Boisclair, voilà Mme Marois qui, faisant, à mon avis, une fausse lecture de la défaite attribuée en majeure partie à la personnalité "problématique" d’André Boisclair, décide de terminer le travail et de se débarasser de la 2è étape du "projet de pays" en mettant sur la glace l’obligation de tenir un référendum le plus tôt possible durant le premier mandat. Comme Mme Marois est une "étapiste référendaire" ou une "référendiste", cette mise au rencart signifie à toutes fins pratiques la mort du "projet de pays" voté lors du XVè Congrès et surtout l’obligation clairement exprimée d’en faire le thème de la prochaine élection. Encore là, les dirigeants péquistes se sont servis d’un conseil national, celui de mars 2008, pour faire le "sale boulot" au lieu d’attendre le congrès prévu pour 2009. Donc, 2è violation, coup sur coup du programme officiel et surtout 2è violation des statuts, car le conseil national n’a aucun pouvoir ou compétence - au sens juridique du terme - pour défaire ce qui a été adopté en congrès. Voir à ce sujet, les articles 92, 93 et 106 des Statuts. Je mets au défi quiconque de me prouver le contraire. Personne ne s’est levé pour dénoncer ces opérations indignes de ce grand parti démocratique fondé par René Lévesque en 1968.

    6 - En lieu et place d’une élection dont le thème devrait être "le projet de pays", Mme Marois et son équipe nous proposent une autre plate-forme provinciale et, pour dorer la pilule, une ridicule "conversation sur la souveraineté" d’abord pour se raviser et nous proposer un non moins ridicule "débat sur la souveraineté" alors que nous savons toutes et tous que la "promotion de la souveraineté" est un des mythes les plus fumants du Parti québécois. Tout cela pour permettre à Mme Marois de réaliser son rêve de devenir la première première ministre du Québec ! Faut le faire et surtout faut prendre les militants indépendantistes pour des idiots ou des imbéciles complets. Le projet de pays ? Quel projet de pays ?

    7 - Que faut-il penser des dirigeants d’un parti dont l’objectif premier est de "réaliser la souveraineté du Québec" qui se comportent ainsi et qui jettent aux poubelles ce qui est censé constituer le coeur et l’âme de ce parti ? Que faut-il penser de ces candidats et élus du Parti québécois qui n’ont même pas le courage minimal d’affronter l’électorat sur ce qui est censé être, selon eux, le centre de leur engagement politique ? Que faut-il penser des dirigeants d’un parti, dont le respect des statuts et de l’éthique a toujours été sa valeur première, qui font preuve d’un tel mépris et pour le programme officiel voté en congrès et pour le droit interne (les statuts) du parti ? Que faut-il penser des militants qui endossent directement ou indirectement ce type de comportements ?

    8 - Je me fous, comme de ma dernière chaussette, que certains souverainistes - enfin le prétendent-ils tous la main sur le coeur sans jamais livrer la marchandise - traitent les indépendantistes de "caribous". Après tout, c’est une vieille habitude au sein du PQ qui remonte même au congrès de fondation alors que les délégués, formés d’anciens libéraux et créditistes, ont refusé d’adopter une proposition de reconnaissance à l’endroit des chefs indépendantistes Marcel Chaput, Raymond Barbeau, André D’Allemagne et Pierre Bourgault. Au Parti québécois, les souverainistes "mous" ont toujours cassé du sucre sur le dos des indépendantistes qualifiés aussi de façon ridicule de "purs et durs". Les indépendantistes savent au moins ce qu’ils veulent et surtout n’ont pas cette peur maladive au ventre de s’affirmer, le matin, le midi, le soir, avant, pendant et après les élections, à pied, à cheval, en voiture, en train, en avion et même en motoneige ! Oui, nous sommes pour l’indépendance du Québec et nous n’avons pas peur de le dire et de l’écrire. S’il y a 2 mots qu’on devrair rayer du vocabulaire politique, ce sont bien les mots "souveraineté" et "référendum", 2 termes dépassés, vieillots et "ringards" comme disent nos amis français. Vive l’indépendance du Québec et vive la République du Québec !

    9 - Puisqu’on est dans les épithètes, si les indépendantistes sont des "caribous", comment peut-on appeler les militants actuels du Parti québécois qui sont arrivés après 2005 pour bon nombre et qui se sont prêtés et se prêtent aux basses manoeuvres des 2 dernières années, soit la violation du programme du XVè Congrès et des statuts du parti ? La réponse est simple et elle est à la fois symbolique et politique : des moutons ! Oui, des moutons bien dociles comme les politiciens professionnels les adorent. Ceux et celles qui ont remisé leur sens critique au vestiare en prenant leur carte de membre, ceux et celles pour qui il n’y a point de salut en dehors du PQ, ceux et celles qui n’ont même pas le courage de poser les bonnes questions, de lire le programme ou les statuts du parti ou de se demander pourquoi leurs élus n’ont pas le courage minimal d’afficher leurs couleurs et de défendre le projet de pays lors d’une élection.

    10 - Ce ne sont pas les prétendus "caribous" ou les prétendus "purs et durs" les vrais dissidents du Parti québécois. Ce sont précisément les dirigeants et élus actuels appuyés par leur cohorte de bons moutons qui ont jeté le projet de pays aux poubelles en violation du programme et des statuts. Quelques centaines tout au plus par rapport à des milliers qui ont participé à la Saison des idées et au XVè Congrès et dont les idées ont été jetées par dessus bord avec cynisme et mépris pour ceux et celles qui les avaient adopté démocratiquement en congrès.

    11- Personnellement, j’aime mieux être un "caribou" qui rugit qu’un mouton bien docile qui bêle. Bêêêêêê.........

    12 - Et non, je ne retournerai pas au Parti québécois pour qui j’ai quand même, comme des milliers d’autres, donné temps et argent pendant près de 35 ans. Assez, c’est assez ! Ce sera la revanche des caribous.

    Pierre Cloutier

    * L’expression "caribous" vient de l’ex-député et ministre péquiste Jacques Brassard, qui désignait ainsi de façon méprisante les indépendantistes du PQ qui rejettaient le "beau risque" et qui, selon lui, étaient semblables à ces troupeaux de caribous qui s’étaient suicidés collectivement en traversant la rivière Caniapiscau en 1984.



29 novembre

IPSO - dîner-rencontre avec Gilles Duceppe



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