Le temps des palabres est terminé. Les apôtres du fédéralisme à genoux ou l’échine courbée ont perdu depuis longtemps tous les débats d’idées et s’en moquent éperdument. Ils ont compris que c’est la guerre et, avec leurs institutions médiatiques et politiques, ont entrepris d’asservir pour de bon la nation québécoise. Il faut leur répondre autrement que par une plainte faiblarde à peine perceptible dans les journaux, la radio et la télévision qui leur appartiennent tous et qu’ils censurent allègrement. Il faut descendre dans la rue et faire entendre notre colère.
On nous ment, on nous trahit et on nous passe sans gêne sur le corps comme si nous étions de vulgaires paillassons tissés avec les vestiges de notre fierté. La culture du mensonge bat son plein dans les officines. À l’OQLF et à Statistique Canada, le sort du français est devenu un secret d’État. Quand nous osons réclamer la vérité et sonner le réveil, voilà que nous faisons du français un fonds de commerce et que nous entretenons la paranoïa, nous reproche-t-on. On nous accuse de fomenter d’artificielles crises à de viles fins partisanes. Il faudrait se résigner et surtout ne pas poser de questions. Accepter les préceptes que nous sert l’église de l’assimilation en douceur.
Des sirènes voudraient nous faire croire à la générosité de nos fossoyeurs, mais nous répondent non lorsque nous leur demandons de nous laisser faire de notre langue une langue aussi normale chez nous que l’anglais l’est dans leur pays. La nation existe, nous affirme-t-on avec condescendance, mais elle est prisonnière du destin morbide qu’on a tracé pour elle.
Notre histoire nous est arrachée au moyen de notre propre argent dépensé scandaleusement pour entretenir une petite reine, symbole de l’oppression traditionnelle et expression de la domination actuelle. On ne nous laisse même pas nous remémorer en paix le souvenir de nos intrépides prédécesseurs. Le système fédéral les confisque, comme il nous a confisqué jadis notre nom.
Les deux frères siamois de l’intermulticulturalisme voudraient nous ravaler au rang d’ethnie docile comme nous l’étions autrefois. Nés pour un petit pain que nous serions, à moins de vouloir parler anglais et travailler pour Toronto, New York ou Las Vegas. La grandeur ne serait qu’individuelle. Fini, le peuple.
Les Body Snatchers se sont emparés des consciences d’une partie de nos enfants, qu’ils ont convaincus de la supériorité et de la nécessité de l’anglais, langue prétendument universelle qui serait la seule à ouvrir les horizons. Le français et les autres langues égalent l’ignorance et l’anglais égale la connaissance. Voilà en somme comment ils traitent notre génie, eux et leur dieu du commerce. Eux et leur pensée unique cultivée par CNN et Hollywood.
On les emmerde, ces sinistres détenteurs de la rectitude et de la vertu qui ont inventé une démocratie à leur image où nous sommes sans cesse plus minoritaires. On les emmerde, ces arrogants rapetisseurs de nation avec leur loi de la clarté synonyme de triste pénombre. Ils ne nous dicteront pas notre destin. Nous allons la prendre, notre liberté, et ils pourront continuer à jacasser dans leur parlement si ça leur chante.
On nous dépossède de notre territoire, qu’on vend au plus offrant, comme autrefois. Après l’avoir pillé, on ose nous dire que nous ne nous démenons pas assez et qu’il faudrait créer plus de richesse. Sans doute pour compenser celle qui prend le chemin des paradis fiscaux ou des coffres étrangers des petits copains de la haute finance.
Nos frères autochtones croupissent dans la misère engendrée par un système raciste entretenu par Ottawa, et on voudrait nous faire croire que c’est nous, les méchants xénophobes.
Notre bourse ira à Toronto, notre vent enrichira Toronto, nos marchés financiers seront régis à Toronto. Voilà pourquoi nos enfants devront parler anglais, nous disent les chantres du néolibéralisme et de la disparition des nations. Qu’ils aillent donc se faire leur pays anglais s’ils le veulent. L’Amérique est vaste. Chez nous, c’est le Québec. Chez nous, c’est le français.
Quand ils nous sentent choqués, ils nous insultent en nous disant que notre ignorance nous rend indignes de parler notre langue, qu’ils voudraient mettre dans un musée. Ils pensent nous décourager d’exister. Nous ne serions pas dignes de nous gouverner pour cause de phonèmes trop gras.
Un curé la bouche en cul-de-poule nous somme de déposer les armes. Répondons-lui par la bouche de nos canons. Hurlons notre rage à la face de ceux qui pensent nous avoir endormis pour mieux nous assassiner.
L’été doit être chaud. Aux armes, citoyens !
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Le 8 juin, à 13 h 30, notre rage de vivre doit retentir au parc Jeanne-Mance. C’est le Mouvement Montréal français qui nous y convie.


