Puisque Vigile a publié le 15 décembre 2008, un texte d’Yves Michaud daté du 15 décembre 2003 qui dénonce la motion de blâme votée par l’Assemblée nationale contre lui le 14 décembre 2000, je me permets d’ajouter mon grain de sel d’autant plus que Jacques Parizeau a appuyé “son ami Michaud”.
Rappelons qu’en décembre 2000, Yves Michaud comparaissait devant la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec. Il traitait de la francisation des immigrants. Le lendemain, sans préavis, l’Assemblée nationale a adopté une résolution dénonçant « de façon claire et unanime les propos inacceptables à l’égard des communautés ethniques et, en particulier, à l’égard de la communauté juive, tenus par Yves Michaud ». Traité de raciste et d’antisémite, Yves Michaud a tenté d’obtenir justice arguant que ses propos ont été déformés mais l’Assemblée nationale a refusé de l’entendre.
Suite à des accusations de Robert Libman, directeur du B’nai Brith-Québec, l’ancien député Denis Vaugeois a répliqué : « Depuis le déclenchement des événements, la parole de M. Michaud a été déformée de façon incroyable. Les gens l’accusent de minimiser l’Holocauste, alors qu’il n’a jamais fait ça. On l’accuse d’être antisémite. Moi je pense qu’il ne l’est pas . »
L’éditorialiste Bernard Descôteaux croit que l’affaire Michaud repose sur le reproche « d’avoir banalisé l’Holocauste alors que ses propos consistaient à rappeler que le peuple juif n’était pas le seul à avoir souffert dans l’histoire de l’humanité ».
Vaugeois et Descôteaux avaient raison. J’ajoute pour ma part que Lucien Bouchard s’est servi d’un sujet extrêmement sensible pour terrasser un adversaire politique dans son propre parti qui voulait le renforcement de la loi 101 par l’abolition de la loi 85 et par l’imposition du cégep francophone aux enfants des immigrants. Quand on connaît le contexte de cette utilisation de l’Assemblée nationale par Lucien Bouchard qui a profité d’un sujet controversé pour affirmer son autorité (décidément, des conservateurs comme Bouchard, Charest et Harper ont de la graine de dictateurs), on dramatise moins le blâme qui a été voté même si je comprends que, par principe, Yves Michaud continue de dénoncer cette injustice faite contre lui.
Devant la Commission sur l’avenir du français, Yves Michaud avait déploré que 100% des membres de la communauté juive de Côte-des-Neiges aient voté NON au référendum de 1995 ce qui est une illustration du vote ethnique dénoncé par Jacques Parizeau le soir du 31 octobre 1995. Il est anormal que cette information qui relève de la sociologie électorale la plus élémentaire pose problème.
Quand Pauline Marois a présenté à l’Assemblée nationale son projet de loi sur la citoyenneté québécoise qui exigeait qu’un immigrant ait une connaissance minimale du français pour obtenir la citoyenneté québécoise et, conséquemment pour se présenter à des postes électifs, le porte-parole de B’nai Brith Canada Me Slimovitch a évoqué l’extrême-droite européenne et a dit : “J’ai honte des Québécois.” Piqué au vif par ce commentaire, ayant en tête l’aventure vécue par Yves Michaud qui osa dénoncer le vote captif juif contre l’indépendance du Québec, j’ai tenté une expérience.
Qu’allait-il m’arriver si je dénonçais cette prise de position du porte-parole de B’nai Brith Canada. J’avais aussi en tête les mésaventures de Pierre Foglia.
Voici ce que j’ai écrit samedi le 27 octobre 2007 et que Vigile a publié mais seulement Vigile.
J’ai honte des Juifs racistes de Montréal
A l’occasion du projet de loi de Pauline Marois sur la citoyenneté québécoise, le porte-parole de B’nai Brith Canada a évoqué l’extrême-droite européenne et a dit : “J’ai honte des Québécois.” A propos des Juifs du Québec, j’ai une histoire à raconter.
Mon fils a une amie, Isabelle, qui a travaillé dans un restaurant près du boulevard Décarie dans Côte-des-neiges là où, comme l’a souligné Yves
Michaud, 100% des Juifs ont voté non au référendum de 1995 : c’est ce qu’on appelle un vote ethnique.
Le propriétaire du restaurant était un Juif bilingue qui a engagé la jeune fille québécoise francophone qui parlait assez bien l’anglais mais avec un accent québécois.
Les clients réguliers de ce restaurant étaient des Juifs parvenus anglophones avec Mercédes dans le stationnement. Isabelle leur parlait anglais et les servait normalement. Des clients normaux n‘auraient rien eu à redire.
Or ces Juifs refusaient systématiquement d’être servis par une Québécoise francophone. Isabelle s’en est plaint à son patron qui lui disait : “Je t’ai engagé ; tu es compétente. Ne t’occupe pas d’eux.”
Mais le mépris de ces clients était tel qu’Isabelle remit sa démission.
Suite à cette histoire vécue nullement exceptionnelle, moi je dis au porte-parole de B’nai Brith Canada : “J’ai honte de ces Juifs racistes de Montréal.”
Ai-je le droit de les dénoncer ? Quand je vois un porte-parole de la communauté juive du Canada qui a invité, comme les porte-paroles des communautés grecques et italiennes, au vote ethnique en 1995 venir essayer de nous donner des leçons de démocratie et de respect des droits individuels, je ne suis pas du tout impressionné. (fin de l’article)
Le 17 décembre 2007, sur Vigile, j’ai ajouté des Réflexions sur "J’ai honte des Juifs racistes de Montréal". Les voici.
J’ai écrit "J’ai honte des Juifs racistes de Montréal" pour faire une expérience.
Voici mes conclusions.
1- Aucun journal n’a publié mon texte, ni Le Soleil ni Le Devoir qui m’ont déjà publié, ni La Presse et les autres journaux de Gesca. Pourquoi ? Etait-ce mal écrit ? Etait-ce haineux ? Etait-ce non pertinent ?
2- On ne m’a pas traité officiellement d’antisémite mais je suis sûr que ceux ou celles qui ont reçu ce texte l’ont pensé. Je leur fais remarquer que l’employeur d’Isabelle qui voulait la garder comme employée est un Juif que j’approuve et que celui-ci blâmait l’attitude des autres Juifs qui rejetaient la Québécoise parce que sa façon de parler l’anglais leur permettait de l’identifier comme Québécoise francophone.
3- J’ai lu au complet le dossier de l’affaire Yves Michaud fait par Thérèse Isabelle Saulnier.
4- Si j’étais antisémite, je n’aurais jamais osé envoyer mon texte à Vigile.net. Ce que j’ai écrit est vrai et on a toujours le droit de dire la vérité. Qui soutiendra que parce qu’il s’agit de Juifs, je n’avais pas le droit de dénoncer leur attitude face à Isabelle. J’étais d’autant plus motivé que Me Slimovitch venait de dire qu’il avait honte (“shameful”) des Québécois.
5- Je suis moi-même, comme catholique, un sémite de culture. J’ai lu La Bible au complet deux fois et le Nouveau testament de multiples fois. J’ai même appris l’hébreu pour lire l’Ancien testament dans le texte. Je vous conseille un livre de Norman G. Finkelstein : "L’industrie de l’Holocauste" réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs à des fins politiques. C’est ce que Lucien Bouchard a fait chez nous au Québec le 14 décembre 2000. Honte à lui. Il a bien mérité d’être invité au domaine Sagard pour écouter de la musique classique en présence de Paul Desmarais.
6- Je persiste et je signe. B’nai Brith-Québec devrait se poser des questions sur l’identité québécoise et essayer de comprendre les aspirations légitimes de plus de 2 millions de Québécois et de Québécoises qui ont voté OUI au référendum de 1995. Je comprends parfaitement la déception d’Yves Michaud. Comme lui, je souhaiterais que des Juifs québécois embrassent nos aspirations. Nous les invitons à le faire. J’ai vu récemment à l’émission de Denis Lévesque le porte parole de B’nai Brith, Me Steven Slimovitch, celui qui a accusé les projets de Pauline Marois de xénophobie, et il semblait plus parlable. C’est peut-être la présence de Gilles Proulx qui le rendait moins fendant. Il est vrai que Gilles Proulx, depuis toujours, se tient debout et n’a pas peur de se faire traiter de raciste quand il défend l’identité québécoise et les droits du français. Il
ne faut jamais se décourager et renoncer à être ce que nous sommes. Les Juifs québécois qui appuient l’Etat d’Israël ne devraient-ils pas être les premiers à comprendre qu’il est normal que les Québécois veulent se donner un pays !
C’est exactement la position d’Yves Michaud à qui je veux rendre ici hommage pour son action de patriote depuis plus de 40 ans qu’il continue en intervenant dans le monde malade de la finance.
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 15 décembre 2008
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —


