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Histoire de drapeaux
par Belzébuth
Blogue de l’auteur
samedi 9 août 2008


par Belzébuth

C’est le « buzz » de l’heure ; même Patrick Lagacé publie une petite chronique où il dénonce le fait que le premier ministre désire accommoder la Chine en acceptant sa politique refusant les drapeaux non-olympiques aux Jeux. À ses yeux, c’est de la résignation. À mes yeux, c’est tout le contraire.

En effet - et cela va peut-être en surprendre certains - mais je ne suis pas contre la position de Jean Charest. Nous sommes des invités en Chine, et nous nous devons de respecter leur culture et leurs valeurs. Et une de ces valeurs est le caractère sacré et inaliénable du Tibet en son sein et le sens très patriotique d’appui que porte la population à cette cause. Il suffit pour s’en convaincre d’observer ce qui s’est passé lors de la mini-manifestation sur la place Tiananmen où de simples passants se sont chargés d’insulter ces étrangers venus en Chine pour montrer aux Chinois comment agir.

Soyons clairs : ce peuple qui a une Histoire de plus de cinq mille ans n’a pas de leçons à recevoir de notre part. Ils sont certes différents de nous, et des efforts pourraient être entrepris pour permettre plus de liberté individuelle, mais la Chine considère la nation et son existence, la quête de sa pérennité et de sa croissance, comme étant un but supérieur au bien-être de chaque individu en particulier.

En quelque sorte, ça me fait penser au magnifique (grandiose, superbe, époustouflant, et ajoutez votre superlatif !) spectacle d’ouverture, où on voyait ces milliers de gens bouger tous à l’unisson, au même moment, et dont la marche coordonnée créait des figures tout à fait géniales. C’était la Chine qu’on voyait : une Chine certes contrôlante, mais qui permet à chaque Chinois de transcender sa petite existence individuelle en faisant partie d’un Tout infiniment plus grand et glorifiant. Nous avons quelque chose à apprendre de la Chine.

Et puis, soyons honnêtes, si on espère demander à la Chine de s’adapter à nous, comment peut-on par la suite blâmer un immigrant qui refuse de s’intégrer au Québec ? Il s’agit de faire preuve de cohérence : on ne peut pas à la fois prétendre avoir la solution aux maux d’autrui et se plaindre lorsque des gens qui viennent ici veulent nous imposer leurs solutions. Si on demande à la Chine de renier ce qu’elle est, de se voir ridiculisée par des drapeaux tibétains et de voir ainsi la perfection de ses jeux réduite en combat politique contre ses valeurs et ses croyances, comment peut-on ensuite demander à quiconque de respecter nos valeurs et nos croyances ?

La vie est injuste, mais chaque pays a le devoir de se protéger lui-même et de lutter contre ce qui pourrait l’affaiblir ou le détruire. On ne peut pas, on ne doit pas dénoncer un pays qui cherche à préserver sa puissance et améliorer sa condition.

Et, heureusement, on ne peut pas blâmer les minorités qui cherchent à se faire entendre et qui luttent pour leur survie culturelle. Tout comme on ne peut empêcher un athlète motivé de cacher un drapeau dans ses sous-vêtements ou de se le tatouer dans le dos. Si on ne peut contrecarrer l’expression de ces minorités (dont nous faisons partie !), on peut ne pas la faciliter, et c’est exactement ce que fait la Chine.

C’est dans l’ordre des choses et c’est à nous, étrangers, de nous tenir en-dehors de ce combat politique qui n’est pas le nôtre et qui, si nous nous en mêlons, pourrait donner l’idée à d’autres de venir se mêler du nôtre.

Et pas toujours en notre faveur.

Car la diversité, c’est beaucoup plus que d’écouter Paul McCartney chanter « Jet » sur les plaines d’Abraham en sirotant une bière allemande : c’est aussi respecter la différence de l’autre en s’adaptant à sa culture lorsqu’on est chez lui, tout comme on aurait envie qu’il s’adapte à la nôtre chez



Source
http://ledernierquebecois.wordpress.com/

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No 274 - 2008

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