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France Boucher et le principe de Peter
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
mercredi 5 mars 2008      1114 visites      1 message


On s’en souvient, à l’occasion de l’incident Marc Termotte, Pauline Marois a demandé la démission de France Boucher. Quand on voit le comportement paranoïaque (voir le reportage de Pierre Duchesne) de France Boucher à l’égard de son comité d’expert du suivi ; quand on assiste à sa présentation du rapport de l’Office qui a consisté en une accumulation de chiffres de 1991 à 2006, parfois des pourcentages, parfois des chiffres absolus, sans analyse directrice et sans qu’une chatte y retrouve ses petits ; on voit mal comme cette avocate a la compétence exigée pour sa fonction telle que formulée dans le communiqué et je cite :

"Mme Beauchamp s’est dite convaincue que « l’enthousiasme et les qualités de gestionnaire de Mme Boucher permettront à ces deux organismes linguistiques de poursuivre avec dynamisme leur important et précieux travail de promotion de la langue française qui demeure au cœur de l’identité québécoise ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ses qualités de gestionnaire, son enthousiasme, son dynamisme, et son précieux travail de promotion de la langue française ne sautent pas aux yeux. Ce qui frappe, ce sont surtout et principalement ses manoeuvres pour contrôler l’information.

Pour notre instruction, voici le communiqué officiel publié le 23 juin 2005 par la ministre libérale Line Beauchamp pour annoncer la nomination de France Boucher. On appréciera les qualités de France Boucher...sur papier.

Nomination de Mme France Boucher au poste de présidente-directrice générale de l’Office québécois de la langue française et de présidente de la Commission de toponymie

Québec, le 23 juin 2005 – La ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la région de Montréal, Mme Line Beauchamp, a salué aujourd’hui la nomination, par le Conseil des ministres, de Mme France Boucher, au poste de présidente-directrice générale de l’Office québécois de la langue française et de présidente de la Commission de toponymie. Mme Boucher succédera, à compter du 4 juillet, à Mme Nicole René qui, au cours des dix dernières années, a conduit avec efficacité et détermination la destinée de l’Office et de la Commission.

Mme Beauchamp s’est dite convaincue que « l’enthousiasme et les qualités de gestionnaire de Mme Boucher permettront à ces deux organismes linguistiques de poursuivre avec dynamisme leur important et précieux travail de promotion de la langue française qui demeure au cœur de l’identité québécoise ».

Avocate de formation, Mme Boucher a une vaste expérience de l’administration publique où ses qualités de gestionnaire ont souvent été sollicitées. Actuellement, Mme Boucher occupe le poste de sous-ministre adjointe au développement régional et à la muséologie au ministère de la Culture et des Communications, après y avoir occupé celui de sous-ministre adjointe aux communications et aux institutions nationales. De 1998 à 2003, elle a été membre et vice-présidente de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Avant son entrée en fonction à la CPTAQ, elle a été successivement secrétaire adjointe au développement de la région de Québec au ministère du Conseil exécutif (1994-1996), secrétaire adjointe affectée auprès de la sous-ministre associée, puis sous-ministre adjointe au développement des régions au Secrétariat au développement des régions (1996-1998) et, enfin, sous-ministre adjointe au ministère des Régions (1998). De 1985 à 1994, Mme France Boucher a également occupé divers postes dans des cabinets ministériels, dont celui de directrice du Cabinet du Président de l’Assemblée nationale, de 1989 à 1994."

La principale qualité de la PDG de l’Office québécois de la langue française, ce sont ses relations avec les libéraux rencontrés dans les différents cabinets ministériels. On sait que les avocats peuvent tout faire, qu’ils sont extrêmement polyvalents, mais dans le cas présent, on est devant un exemple du principe de Peter. Sur un sujet aussi politiquement sensible que la langue, je suis d’accord avec Liza Frulla qui affirmait avec beaucoup de délicatesse dans la pratique de l’euphémisme (solidarité féminine oblige), que France Boucher manquait de doigté et méritait un C moins, ce que en tant qu’ancien professeur je considère comme une note extrêmement généreuse qui a été donnée avant la pitoyable performance qu’elle a faite durant sa conférence de presse sur un document de 1000 pages, donné aux journalistes à la dernière minute, qu’elle a tout fait pour garder secret, comme s’il s’agissait d’une arme de destruction massive qui menaçait la bonne conscience des libéraux qui manipulent les chiffres pour minimiser le problème de la langue à Montréal. Comme Gérald Larose qui se disait profondément outré par les comportements de la Présidente directrice générale de l’Office québécois de la langue française, je conclus que c’est totalement inacceptable.

Robert Barberis, Longueuil

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • France Boucher et le principe de Peter
    6 mars 2008
    Pour compléter, voici des extraits d’un article de Denis Lessard, La Presse, 6 mars 2008 qui permettent de conclure que l’Office est utilisé à des fins politiques par le gouvernement libéral. France Boucher n’agit donc pas comme une professionnelle ou comme une fonctionnaire au-dessus des partis, mais comme une administrateur(e) "plantée" à l’Office québécois de la langue française par le Parti libéral au pouvoir pour (...)

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    Pour compléter, voici des extraits d’un article de Denis Lessard, La Presse, 6 mars 2008 qui permettent de conclure que l’Office est utilisé à des fins politiques par le gouvernement libéral. France Boucher n’agit donc pas comme une professionnelle ou comme une fonctionnaire au-dessus des partis, mais comme une administrateur(e) "plantée" à l’Office québécois de la langue française par le Parti libéral au pouvoir pour contrôler l’information et pour minimiser les impacts politiques des reculs du français dans la région de Montréal.

    Lisons Denis Lessard.

    "Il y a quelques mois, des experts mandatés par l’organisme avaient eu des propos plutôt alarmistes sur l’état du français. « Cela a été critiqué par le Parti libéral et ils ont mis de la pression sur la présidente Boucher », a résumé hier M. Roy. (...) Le constat qu’il retient du bilan est loin d’être jovialiste. « C’est inquiétant. À Montréal chez les francophones, il y a 30% des gens qui ne travaillent pas dans leur langue. Avec l’immigration qui augmente, le français comme langue de travail marque le pas, ne s’améliore pas », a-t-il estimé.

    Le mathématicien Charles Castonguay, l’un des spécialistes évincés, était furieux hier. « On nous a proposé des conditions de travail inacceptables, on ne pouvait avoir les documents d’avance. Or, on voulait faire un travail correct. Le comité n’a pas démissionné, mais a été flushé, on ne nous réunissait pas, a-t-il indiqué. Quand on demandait « pourquoi ne publiez-vous pas les études ? », on nous disait : « C’est rendu sur le bureau de la ministre ! » Le bilan publié hier est « partiel, incomplet », il ne contient pas de nombreuses recherches, disponibles, qu’il aurait été utile d’inclure. « Est-ce parce que l’Office ne pouvait avoir le contrôle sur ces études ? On peut se le demander ! » a lancé M. Castonguay."

    Quand des discussions ont eu lieu au Parlement sur l’opportunité de faire venir au Québec 55,000 immigrants par an au lieu de 40,000, la ministre Christine St-Pierre avait des données qui provenaient des études que l’Office gardait cachées à l’usage exclusif politique de la Ministre. CQFD

    Robert Barberis-Gervais, 6 mars 2008



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