Fleur d’Amérique
La France a déposé la semence par dessus la mer assassine d’un petit germe en dormance se préparant à prendre racines.
D’une main s’agrippant à terre hostile généreuse mais déjà occupée demandant talent versatile pour pouvoir s’y accrocher d’éclaircies en clairières de prés en vastes champs poussant la forêt vers l’arrière avec patience et langueur de temps.
De l’autre main remontant les rivières pagayant patiemment le continent tissant relations obligatoires avec les Premiers Habitants défendant patrimoine et territoire contre les multiples agressions dans ce trop triste répertoire de guerres entre nations.
Étêté en pleine floraison ce greffon a dû racler dans tous ses horizons pour espérer persister.
S’amarrant résolument à la terre pour survivre et subsister comme peuple grabataire refusant obstinément de capituler sur la route de la minorisation et de l’assimilation planifiée s’agrippant au moindre soupçon de pouvoir pour s’affirmer.
Mais la noble cause de ses Patriotes porteuse d’affirmation et d’aspirations grisantes fut écrasée de manière furieuse par des hordes rouges ignorantes et méprisantes.
Encore une fois devenue bancale cette âme fragile se mua en proie pour manoeuvres de survie cléricales et conservatisme étroit.
Sous cette chape bien pesante la racine opprimée s’aplatit promenant son existence rampante dans l’attente d’une salutaire embellie.
Puis une soixantarde énergie balaya mitres et chasubles écarta la conservatrice inertie pour s’attaquer à ses peurs insolubles avec affirmations explosantes réalisations dignes d’Hercule et récriminations fatigantes par d’hostiles voisins incrédules.
Toujours en permanente floraison sur cette terre d’Amérique à balancer entre coeur et raison jusqu’à en devenir anémique, peuple, suis ta logique mais écoute d’abord ton coeur toutes ces fleurs magnifiques deviendront fruits créateurs.
Si tu fleuris c’est pour ta succession si tu portes fruits c’est pour éviter l’extinction. Peuple à travers chemins périlleux tu as su maintenir la direction ose donc un autre petit pas heureux pour t’éviter cruelle dérision.

