À propos des États généraux de l’indépendance du Québec – ÉGIQ
Les États généraux virtuels de la situation actuelle.
Quelques réflexion inspirées par le débat en cours...
Une chose me frappe dans ce débat entourant la proposition de créer des États généraux de l’indépendance du Québec – ÉGIQ de M. Simon ROY - Tribune libre de Vigile du 18 août 2008, et son prolongement dans la proposition de Romain ANGELES - Tribune libre de Vigile 19 août 2008 4 messages qui vise à les commencer dans nos quartiers respectifs, c’est la discorde.
Je comprends qu’on puisse ne pas voir comment réaliser la proposition d’États généraux sur l’avenir sur Québec, étant donné le fait qu’elle émane d’une personne qui n’est pas partie des grandes organisations qu’on désire rassembler. Mais je comprends mal qu’on ne parvienne pas à compter cette proposition dans nos actifs et qu’on tienne à plutôt la contrer pour qu’elle se range du côté de notre passif... Je comprends que cette proposition fait suite à une semblable proposition cette fois pilotée cette fois par Gilbert Paquette, un éminent souverainiste et transmise il y a plus d’un an sous le titre Des États Généraux pour refonder un parti indépendantiste. Une proposition qui n’a pas encore été réalisée.
Manifestement, un besoin de rassemblement se fait sentir. Depuis plusieurs années, pour une foule de raisons, les souverainistes tentent de se regrouper de différentes manières. Ce qui semble disperser les troupes, d’où ce désir de les rassembler. Le Parti indépendantiste a même vu le jour le 18 octobre 2007. Québec Solidaire créé en février 2006 est aussi un parti indépendantiste. Le PQ quant à lui est toujours un parti souverainiste mais est critiqué pour défendre trop mollement l’idée d’indépendance de l’État du Québec et suspect que vouloir le gérer comme une province... Une foule d’organisations, de clubs politiques ( SPQ-Libre ), de plates-formes Internet ( Vigile, L’Aut’journal ) regroupent les souverainistes sous différentes formes, différents centres d’intérêt, différents mot d’ordre ou différentes pratiques.
Une chose me semble évidente, ces divers outils permettent de canaliser les énergies, de propager des idées, de nourrir la discussion et stimuler l’implication d’un très grand nombre de personnes autrement silencieuse dans leur cocons ou « ghettos » respectifs.
Tout cela me semble très positif, très stimulant. Internet y est pour beaucoup. Ce nouvel outil permet beaucoup de choses qui il n’y a pas si longtemps ne pouvait se produire. L’information circule beaucoup plus rapidement et peut atteindre beaucoup plus de personnes. Les échanges afférents permettent de commenter cette information en temps réel d’une manière beaucoup plus fouillée. La documentation disponible est phénoménale. Des propositions peuvent surgir, être commentées, appuyées, discutées comme jamais auparavant.
Cependant, la morosité ou son contraire, l’effervescence, l’appel à l’action se côtoient dans un maelstrom vivifiant ou démoralisant... la discorde pointe souvent son nez.
Et si tout le monde avait raison... Raison de décourager l’action intempestive, raison de vouloir être intempestif malgré le peu de chance de réussite. Raison de vouloir oser, raison de vouloir ne pas perdre ses énergies dans de trop aventureuse avenues. Et si tout le monde avait tort, tort de décourager les naïfs, tort d’être naïfs. Tort de discuter, tort de vouloir à tout pris tout rassembler.
Une chose est certaine, l’exercice du débat politique n’est pas une chose aisée et la canalisation dans une même action l’est encore davantage. Tout un chacun à mil raisons d’être en désaccord avec mil et une propositions. Avant que l’une s’impose, il faut passer par un long et lent processus d’exposés, de mise en forme, de présentations, d’argumentations, de discussions, pour parvenir à de petits consensus, qui deviennent éventuellement plus grands. Tout un chacun évoluant au gré de sa disponibilité souvent circonstancielle et éphémère. Chacun accrochant et décrochant au gré de sa vie personnelle, de ses intérêts, de ses passions, de ses réflexions.
Tout un chacun trouvant un filon à fouiller, une proposition à transmettre, un argument à dévoiler. Tout un chacun trouvant son idée, ses analyses, ses perceptions, ses références, son cadre de référence, son bagage, plus intéressants que les autres. Tout affairé à le penser, le mettre en forme, le diffuser, tout un chacun est plus ou moins disponible à tenter de voir ce que l’autre présente, de manière à être aussi pour les apports des autres, l’écoute, la réception, l’accueil le support qu’il espère pourtant quand il s’agit de présenter son propre apport.
Et, toute réalité présenté, commentée, est si complexe... il faut tenir compte de tant de chose, de tant d’humeur, de tant de personnes, de tant de points de vue, de tant de données, qu’on en vient à ne plus savoir où donner de la tête... Souvent on s’impatiente, on s’offusque, on offusque, on froisse, on est froissé, le respect est parfois difficile, celui qu’on donne et celui qu’on a, ou qu’on désire obtenir.
Bref !
Nous avons beaucoup à faire. Les outils manquent. Les moyens manquent. Le temps manque. Par où commencer, où aller, quoi faire, quoi ne pas faire ?
Quel est le problème ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Quelles sont les priorités ? Quel plan d’action adopter ? Quels mots d’ordre lancer ? Des États généraux ou pas ? Se rassembler ou pas ? Derrière qui, derrière quoi ? Devant qui, devant quoi ? Vivement du charisme, vivement un ou une cheffe charismatique qui nous inspirerait ? Nous n’en avons pas.
Pourquoi ne pas faire avec ce que nous avons. Nous avons des outils, nous pouvons échanger, solidariser, appuyer, intervenir, discuter. Ce qui manque peut-être ce sont des animateurs. Plutôt que des chefs inspirants... Des personnes qui savent écouter, entendre et qui savent comment canaliser l’énergie latente ou présente qui se déploie ou qui se réserve. Elle est là. On pense États généraux pour rassembler cette énergie. Mais après... que fera-t-on ? Saura-t-on trouver mieux pendant pour savoir mieux après comment la contenir, la canaliser ? As-t-on besoin d’États généraux ? N’as-t-on pas plutôt besoin de mieux communiquer ? De mieux solidariser ?
La dispersion pourrait être moins grande déjà... si un portail Internet central permettait d’avoir accès à toutes les entités, toutes les organisations, toutes les coordonnées, tous les médias, toutes les ressources souverainistes ainsi que celles qui y sont associées, de près ou de loin, comme les organisations citoyennes, ouvrières, syndicales, professionnelles, artistiques, économiques, etc. Pour avoir accès à des listes courrielles confidentielles et complètes de manière à faire mieux circuler l’information, les mots d’ordre, les consignes, les politiques, les actions. Déjà ça... As-t-on besoin d’Etats généraux pour ce faire ? Peut-être... peut-être peut-on faire sans, ou faire quelque chose en attendant...
Où trouver un argumentaire structuré et documenté sur l’a propos de l’indépendance politique de l’État du Québec ? On dit qu’on n’en parle pas assez... où est l’argumentaire, mis à jour, qu’on pourrait consulter, voire nourrir, discuter, argumenter, actualiser en y déposant des cas concret qui se réfèrerait à une grille exhaustive par thème, par catégorie de secteurs d’activité politique, économique, scientifique, écologique, culturelle et artistique ?
On pourrait lancer à cet effet une page Internet pour déposer les milles et unes raisons de tout un chacun qui militent en faveur de la souveraineté.
Rassembler, il y a peut-être des manières de le faire ce rassemblement, en attendant les États généraux, en les préparant...
Bref... il y a tant à faire...
Un mot d’ordre peut-être... À chaque fois qu’une proposition est présentée, tenter d’y voir l’effort de réflexion derrière, de manière à mettre en valeur l’énergie qui l’a produite et qui ne demande qu’à rayonner à contribuer à la cause qui nous est chère... de manière d’abord à la reconnaître comme étant partie intégrante, nourrissante, de cette énergie commune qui est à l’oeuvre partout au Québec... et qui contribue à l’avancement de notre cause commune, faire en sorte que le peuple souverain du Québec puisse fonder l’État qu’il désire au lieu d’être forcé d’adhérer à l’État du Canada de 1982, sans qu’on l’ait consulté nommément et directement pour en valider la Constitution et l’effective mise en force de cet État fondé non pas par le peuple mais par le bon vouloir de la Souveraine britannique et ses quelques juges de sa Cour Suprême.