M. Charest choisirait le gain à court terme que lui procurerait sa possible réélection comme gouvernement minoritaire. Il profite de la conjecture pour écarter une ADQ affaiblie qui lui ravit une partie de son électorat depuis sa création, ce qui lui permet d’espérer former un gouvernement majoritaire. Le PQ semble vouloir abonder dans ce scénario électoraliste qui consiste à affaiblir l’ADQ. Est-il pas possible pour le PQ d’envisager la chose autrement, cela pour empêcher le PLQ de faire des gains au détriment de l’ADQ rétablissant un ordre ancien de bipartisme sclérosé et obligatoirement polarisé dans le clivage fédéraliste/souverainiste ?
À court terme l’ADQ est une menace pour le PQ qui lui ravit une partie du vote souverainiste de droite attaché à faire les choses différemment du PQ en donnant dernière chance au Canada de se renouveler en respectant « l’autonomie » du Québec. Mais à long terme l’ADQ pourrait être l’allié du PQ. L’ADQ aujourd’hui « autonomiste » pour se distinguer de ses deux rivaux, a déjà été du côté du OUI. Ce qui n’a pas été, n’est pas et ne sera jamais le cas du PLQ. L’ADQ pourrait très bien être un jour à nouveau du côté des souverainistes. La présence de l’ADQ à l’Assemblée nationale démontre que l’enjeu politique de la souveraineté du Québec ne se résume pas à choisir entre le PQ et le PLQ. Une coalition PQ ADQ pour la souveraineté du Québec démontre qu’en votant pour un Québec souverain on ne vote pas pour un Québec souverain du PQ, comme si un parti unique devait s’imposer dans un Québec souverain. Ce qui est un empêchement majeur pour beaucoup de personnes. La présence de l’ADQ est l’image même du multipartisme actuel se transposant dans un État souverain du Québec rompant avec l’éternel clivage souverainiste/fédéraliste. Cette image vaut son pesant d’or à long terme pour emporter la confiance et l’adhésion majoritaire des Québécois désireux de fonder un État valide émanant nommément du peuple souverain du Québec. Ce qui n’est pas le cas de l’État unilatéral du Canada de 1982
À long terme donc, le PQ se distingue du PLQ en cela aussi. L’ADQ n’est pas l’ennemi à abattre, au contraire. Si pour le PQ son adversaire est bien le PLQ fédéraliste, la meilleure façon de contrecarrer ses plans est de faire en sorte que l’ADQ ne s’effondre pas. Le meilleur moyen d’y parvenir est de former une coalition PQ-ADQ afin de former un gouvernement qui empêche M. Charest de livrer le Québec à des élections en pleine crise économique.
Oser
Pour créer un pays, il faut oser sortir des sentiers battus de l’ordinaire politique qui est le nôtre. En écartant la possibilité qu’un gouvernement de coalition PQ/ADQ puisse être la solution de l’heure, le PQ prouve qu’il n’ose pas oser alors que par ailleurs il n’a de cesse d’appeler les Québécois à oser se donner un pays. La contradiction est flagrante. Au contraire, le fait d’oser faire fonctionner l’État du Québec autrement que dans les sentiers battus du bipartisme de coutume par gouvernements minoritaires interposés, permettrait d’illustrer qu’on peut avec succès oser faire suivre le geste à la parole. Le PQ considère que des élections ne sont pas nécessaires, voire nuisible dans un contexte de crise économique, la logique impose donc qu’il ne faille pas se contenter comme de coutume de faire valoir en parole que l’odieux des élection doit être porté par le PLQ, mais bien qu’il faut au contraire cesser de parler et plutôt agir dans le sens de ce que l’on dit être le bien commun, à savoir gouverner.
Que l’ADQ accepte ou non ne change rien à l’affaire. Le PQ aura proposé quelque chose qui convienne à la situation politique et économique actuelle de manière congruente avec un discours qui dénonce l’électoralisme à courte vue du PLQ et qui appelle à oser mettre de l’avant des solutions nouvelles à nos problèmes anciens et actuels, en gouvernant. Un rejet par l’ADQ de cette proposition de gouvernance montrerait que le PLQ électoraliste et l’ADQ ne veulent pas gouverner. Montrerait que seul le PQ sait prendre les intérêts véritables de la nation par des gestes concrets de gouvernance et non ses verbeux politicailleux intérêts partisans à court terme.
Oser le long terme : de la politique fiction ?
Une telle vision de long terme pourrait s’incarner dans une formule nouvelle de coalition souverainiste PQ-ADQ-QS. Une manière éloquente de ramener les fédéralistes purs et durs à la situation minoritaire qui est la leur au Québec.
Madame Marois pourrait assumer la charge de Première ministre en invitant son Vice-Premier ministre Mario Dumont à former un gouvernement de coalition PQ-ADQ-QS. Cela de manière à incarner la stabilité d’un tel gouvernement de coalition la Première ministre agirait dans le cadre constitutionnel actuel un peu à la manière d’un Président qui nomme un Premier ministre ayant la charge de former un gouvernement de coalition. Le Vice-Premier ministre Mario Dumont a ainsi la chance de faire ses preuves et montrer qu’il est capable de gouverner. La Première ministre Marois aurait du temps pour se consacrer aux intérêts supérieurs de la nation en temps de crise économique et dans la perspective de donner au peuple souverain du Québec un État valide et légitime. Le PQ et l’ADQ manifestant tous deux leur capacité de s’élever au-dessus de leurs intérêts partisans au bénéfice de l’intérêt national de la population du Québec.
Deux ou trois élections complémentaires pourraient permettre de faire élire des nouveaux venus à ce nouveau conseil des ministres de ce gouvernement de coalition souverainiste. Madame Louise Harel et Rita Dionne-Marsolais ayant manifesté leur désir de quitter la vie politique pourraient être l’occasion de démissions libérant des comtés à céder à Louise Beaudoin, Françoise David, ou Amir Khadir, ministres devenu(e)s.
Union du peuple souverain du Québec
Le PQ se trouverait ainsi à animer une coalition favorable à ce que le peuple souverain du Québec se dote d’un État qui émane nommément de lui. Un gouvernement de coalition pour affronter la crise économique et préparer un programme commun permettant au peuple souverain du Québec de se doter d’un État nommément et directement validé par lui, hors le statut quo de blocage actuel fédéraliste du Canada qui n’a jamais été soumis à l’approbation du peuple démocratique et souverain du Québec.
Luc A.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

