« Pour paralyser la jeunesse déjà hésitante devant le mirage de la mondialisation, on dépeint ses origines comme une bourgade xénophobe à libérer de son repli réducteur ». Ouhgo, « Octobre » Vigile.
« Octobre », un titre ordinaire. Un sous-titre déjà moins ordinaire : le Québec, l’échafaud. Et cette phrase atroce : pour paralyser la jeunesse…
Ouhgo, on étourdit tous les jeunes québécois. Et pas seulement ceux de « souche », ce qui est beaucoup dire. On leur suggère très habilement de se faire créatifs, magiciens, devenir « festifs » (et même porter quelques fois un nez de clown, pour le moral !)*, enfin, surtout, on leur suggère de ne pas trop s’en faire avec la vieille mode de la souveraineté qui est, tous les fédéralistes s’en rassurent, les rigoleurs le susurrent, la mode d’une seule génération, la précédente : la vôtre, peut-être, la mienne assurément.
Toute cette festivité, ce festivisme pourrions-nous dire, de bon aloi, supposément de bon ton, tapageur, obligé et même forcené, ce n’est simplement qu’une carriole. La carriole étincelante en milieu urbain, citadin, citoyen… La carriole d’un nouveau cheval de Troie, le multiculturalisme, pour de nouveaux citoyens, mais fossoyeur éventuel de la cohésion de notre peuple.
Des forces et des actions subtiles sont en causes, une citoyenneté de substitution, festive et bouffonne, se déploie, et qui n’a rien à voir avec les partis politiques, quels qu’ils soient, c’est-à-dire qu’ils soient fédéralistes ou souverainistes. Mais ce sont les partis fédéralistes, opportunistes et inconscients ( !?), qui en profitent le plus.
Ce qui est gênant, Ouhgo, c’est qu’une vieille génération en vienne à se bouffonner elle-même. Nous sommes invités, nous le serons de plus en plus, à cautionner, à payer aussi, à s’incliner devant les vertus de l’immigration, et à considérer que notre avenir passe par elle. Ce serait, paraît-il, l’avenir que nous méritons. Cet avenir-là, ce n’est pas l’avenir du Québec, c’est l’avenir du Québec dans le Canada. C’est finalement l’avenir du Canada.
C’est ultimement l’avenir du Canada sans Nous.
Et sans Nous…les jeunes sont trahis.
Et nous payons. Nous payons pour cela. Nos argents, nos forces et nos espoirs sont retournés contre nous, et nous sommes trahis là dans ce qui nous est le plus cher : les jeunes. Car enfin, ce n’est pas à mon âge, non plus qu’au vôtre, peut-être, qu’il devient si impérieux soudainement de vivre pour soi dans un pays qui nous appartienne. Notre cœur devrait pouvoir y suffire. Et malgré notre fidélité au grand Falardeau, ce n’est pas pour lui mais pour ses fils et fille, tous les fils et filles, les nôtres, que l’Indépendance doit être faite. Et radicalement, puisque la liberté est elle-même radicale. Enfin…
Nous savions déjà que le père Noël était québécois, cela n’est pas si surprenant, après tout, que le premier clown de l’espace le soit aussi. Tout se tient ou se défait, en effet.
Que les partis souverainistes sont… sont tellement… d’une telle…. Ah pis…
Wake up ! Wake up !
* Je n’ai pas vu de clowns au Moulin à Paroles. L’événement ne m’en est apparu que plus digne.
