Donnez-moi un pays qui a du souffle et de l’aile
Qui avance comme une vague déferlant vers son destin
Un pays porteur de lumière
À hauteur des rêves du soleil.
Donnez-moi le pays dont je rêvais en pleine jeunesse
Celui que je voulais à l’aurore du monde.
Donnez-moi un pays que je m’assois à la table d’un festin
Un pays de noces et de rires
D’enfance et d’horizon.
Donnez-moi le pays d’un poète
Le pays de Félix, de Neruda
Le pays de Vigneault, celui de Lorca
Donnez-moi un pays ancré en demain
Soustrait à l’odeur de la mort.
Donnez-moi un pays maintenant
Puisque c’est aujourd’hui que nous sommes vivants
Que nos poings s’ouvrent, que nos bras se tendent
Que notre parole se lève encore.
Donnez-moi un pays qui parle ma langue
Qui me parle en français et en joual
Qui me répond, qui me comprend.
Donnez-moi un pays pour la route de mes vacances
Pour le café du jour et le vin du soir
Qu’autour de la table, les désirs des hommes et des femmes d’ici
Libèrent nos frontières
Que leurs passions éclatent à la face la Terre.
Donnez-moi un pays là, maintenant
Sinon je ne comprendrai plus rien
N’oserai plus me souvenir d’hier
De la voix de mes ancêtres
De leurs espoirs, de leurs chemins.
Sinon, je deviendrai silence
Regret, désillusion.
Donnez-moi un pays bon pour l’âme
Bon pour la route
Bon pour la suite des jours
Un pays à portée de main
À hauteur des rêves du soleil.
Donnez-moi vite un pays
Le temps d’aujourd’hui compte ses heures
Et ma requête porte la voix
D’un peuple inquiet
Malgré des siècles de résistance légendaire.
France Bonneau
14 septembre 08

