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Le peuple québécois a besoin d’un Etat qui a tous les pouvoirs
Dialogue avec JC Pomerleau sur le nécessaire Etat du Québec
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
vendredi 7 août 2009      345 visites      1 message


JC Pomerleau écrit :

“Merci pour votre travail qui contribue à préciser les thèmes de la réflexion sur notre identité de peuple.

La genèse de notre identité est tributaire de notre relation à l’État, sur les assises duquel elle se consolide. De 1608 à 1760 cette identité se précise à mesure que l’État de la Nouvelle-France gagne en potentialité. Nous n’étions déjà plus tout à fait français et de plus en plus un peuple distinct : Canadien (en fait Québécois en devenir).

Avec la Conquête notre État sera annexé. Les assises de l’État, que sont l’appareil d’état et les institutions politiques, seront déstructurés. Mais l’État est d’abord organique (Aristote) et ce peuple va se réfugier dans l’institution de l’Église, qui va suppléer à l’État et assumer ses missions essentiels : Peupler et développer le territoire, pendant les 200 ans qui vont suivre. C’est à cette institution, aux capacités millénaires de structurer les sociétés, que nous devons d’avoir gardé notre cohésion nationale. En attendant de reprendre le plein contrôle de notre État, pour consolider notre identité comme peuple français en Amérique pour la pérennité.

Ce n’est qu’avec la Révolution tranquille que nous avons laissé les assises de l’Eglise pour celui d’un état modernisé du Québec. C’est donc sur les assises de cet État du Québec que notre identité s’est précisée : Québécois nous le sommes parce que la nation a fait le pari que cet l’État du Québec était un pari viable pour assurer sa survie. Mais rien n’est véritablement acquis.

Notre identité est intimement liée aux capacités de notre l’État. Tant et aussi longtemps que nous serons un État annexé réduit dans ses capacités d’agir à celui d’un demi état nos assises seront incertaines pour assurer notre survie comme peuple français en Amérique.

On pourrait se demander pourquoi le peuple hésite encore devant le choix de prendre le plein contrôle de son État. Parce que l’objectif comporte des risques qui sont réels ; et le peuple sait d’instinct qu’il ne peut se permettre une seule erreur historique.

C’est pourquoi il n’a pas cédé aux deux tentations républicaines que lui a présentées l’histoire : Américaine (1775) et Patriote (1837).

Il importe, quand on réfléchit à la genèse de notre identité de peuple, de comprendre que cette identité se consolide sur les assises d’un état : L’État du Québec.

Le contrôle et l’émancipation de notre État est donc un enjeu vital.”

JCPomerleau

Réponse à JCPomerleau

Votre intervention est un complément non seulement utile mais nécessaire. Vous exprimez avec clarté ce que dit Bouthillette quand il affirme : “Ce qu’il nous faut construire -, jeune, moderne, enraciné et ouvert au monde, c’est le peuple québécois, soit un groupe culturel, homogène par la langue et qui cherche - dans son nationalisme décolonisateur - son expression politique totale.” Cette “expression politique totale” qui consolidera notre identité comme peuple, c’est un Etat du Québec qui a tous les pouvoirs (exclusifs) de faire ses lois, de définir ses relations extérieures, de contrôler toutes ses taxes et tous ses impôts comme un pays normal. Un Etat du Québec qui fera du français la langue de tous, qui prônera l’égalité homme-femme, qui prônera la laïcité dans les services publics (enseignant(e)s, fonctionnaires, infirmières etc), qui prendra des mesures pour que s’établissent justice et équité dans la vie économique, qui défendra la démocratie et la liberté d’expression qui en est la condition sine qua non. Quand le français sera la langue de tous, il n’y aura plus d’ Occupant qui continue la Conquête par son unilinguisme anglais. C’est ainsi qu’il faut comprendre le passage où il est dit : “Il chasse l’occupant”. L’Anglais, ou il a quitté le Québec parce qu’il refusait de se franciser, ou il a appris le français comme 50% d’entre eux qui se déclarent bilingues. L’indépendance du Québec complétera le travail commencé par la loi 101. Nous habiterons un pays où le français est parlé par tous et où l’Indien ingénieur unilingue anglais étant passé de Pratt et Whitney Canada à Pratt et Whitney Québec sentira une pression énorme en faveur du français et sera plus que gêné d’imposer l’anglais dans une réunion de cadres avec cinq Québécois.

Les Institutions comme McGill ou certains hôpitaux voudront offrir des services en anglais, nous négocierons une réciprocité comme René Lévesque le proposait, qui suggérera fortement (par exemple) à cette petite ville du Nouveau-Brunswick à 80% acadienne de voter en faveur de l’affichage français-anglais, ce que son conseil municipal refuse actuellement. Et nous appuierons avec vigueur les revendications institutionnelles des francophones hors-Québec pour stopper leur assimilation.

“Le Canadien français et son double” de Jean Bouthillette n’est certes pas ce qu’on pourrait appeler “une lecture de vacances”. “Merci beaucoup, écrit Luc Archambault pour tout cet excellent, nécessaire, copieux, nourrissant et très éclairant travail. Merci de nous avoir mieux fait connaître cet auteur. Félicitations.”

Votre intervention JCPomerleau et celles de Luc Archambault ainsi que les autres contributions que je ne peux toutes nommer ainsi que celles des chroniqueurs “réguliers”, montrent que se crée sous la houlette de Bernard Frappier et de son valeureux fils Erik, une fraternité dont les interventions complémentaires s’inspirent de Marguerite Yourcenar qui disait “avoir la ferme volonté d’être utile”.

Robert Barberis-Gervais Longueuil, 7 août 2009




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Vos commentaires:
  • Dialogue avec JC Pomerleau sur le nécessaire Etat du Québec
    8 août 2009, par O

    Monsieur R. B.-G.,

    Je salue ici votre talent de rassembleur des vérérans, là où ça compte. Pour jeter de la lumière sur l’urgent besoin d’UNION auquel se dévoue M. Archambault depuis le printemps, vous agissez par ces textes fondamentaux de Bouthillette, et surtout par ce dialogue avec M. Pomerleau puis, bien sûr, par le crédit que vous donnez à Messieurs Frappier père et fils.

    Monsieur Poulin fait un bon déblayage avec « l’UNION qu’ossa donne »

    · Y réagit M. Michel Gendron, qui accepte de mieux en mieux que le PQ doive jeter du lest, tout comme le fait Monsieur Archambault. Ils unissent leurs forces dans la critique à M. Montmarquette qui n’est pas sans vérités. M. Gendron professe : «  Je vous incite à lire le point de vue de Luc Archambault, un homme qui se bat pour l’union, et non pas pour la partisanerie. Un républicain, un camarade. »

    Manquerait maintenant l’avis de M. Dom. Desroches, dont les lumières philosophiques ont beaucoup éclairé le site, pour ajouter du poids à ce projet, qui œuvre en synergie avec l’objectif que s’est donné le RRQ : Remettre le PQ dans sa mission première !



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