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Si la volonté démocratique d’une majorité veut se retrouver au pouvoir, cette majorité doit être assez forte parce la minorité, elle, va voter en bloc dans le sens contraire. C’est ce qui vient d’arriver aux Blancs américains qui ont voté à 57% pour McCain. Et c’est le drame, la grande tragédie des Tremblay d’Amérique, floués par le jeu "démocratique".
C’est pour ça qu’on a perdu le référendum. C’est pour ça qu’on a les Libéraux au pouvoir. C’est pour ça que le Québec politique va nulle part, qu’il agonise sous nos yeux, complètement impuissant.
Qu’est-ce qui s’est passé après le référendum ? Au lieu de continuer (l’image de Chrétien avec le char poigné dans la neige l’hiver : "on recule pis on r’avance") on a abandonné. Démission totale et grosse chicane dans la cabane. Mario a rompu les rangs de la coalition et a commencé son ego trip. Un gros gros ego trip qui l’a mené à quelques comtés à peine du Penthouse de l’Édifice Price.
Sur quoi il carbure le petit Mario ? La débat gauche-droite, section droite, section qui était inoccupée au Téléjournal depuis la retraite de Jérome le gorille, Camil le brochet, Fabien le jarret ainsi que ses nombreux pénépistes. Mario occupe tout le terrain ; c’est son fief. Sans équipe, parce que Mario est un mangeux de puck. Personne ne veut jouer avec lui ; il fait jamais de passes.
Le débat est sain, faut en convenir, et tout à fait légitime ; il est même au coeur de toutes les sociétés démocratiques. Là n’est pas le problème.
Ce que le p’tit Mario refuse de voir (pas pur égo trip) c’est que le débat qu’il chérit tant (et qui est fort justifié je répète) ne se fait qu’à moitié, l’autre moitié de nos impots étant envoyés directement, les yeux fermés, sur la colline à Tawa, sans le moindre débat. Là, c’est le cowboy de Calgary, encore plus à droite, qui mène le show avec nos 50 milliards, sans le moindre débat. 2,5 milliards pour les blessures dans les pensionnaires autochtones (nos enfants de Duplessis ont eu un gros 50 millions de peines et de misères) 15 milliards de nouvelles quincailleries militaires, 22 milliards pour l’Afghanistan. Notre fric pète le feu, nous, on n’a pas un seul mot à dire sur la game. Toé, tais-toé ma Josée. Continue à faire la plante verte au 400e...Toé mon Ti-Gilles, continue à japper dans le désert avec tes 50 chameaux, loin de la grosse caisse. Par icite la bonne soupe aux pois. So good this peasoup.
Bref, la montée de l’ADQ, qui a entrainé la brisure de la coalition nationaliste, a permis aux forces minoritaires libérales de s’emparer du pouvoir avec un score ridicule (j’ai déjà calculé que 90% des Francophones de 18 à 64 ans n’avaient pas voté Libéral) et de nous mener par le bout du nez. Pendant ce temps-là, on a le culot de nous faire une élection sur l’économie !!!
Est-ce que je suis le seul dans la maison à être indigné, profondément indigné ?
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Oui, l’ADQ a confirmé la fin du bipartisme qu’encouragent nos institutions de la monarchie constitutionnelle britannique. Ce qui pose la question du pourquoi ? Pourquoi ces institutions encouragent-elles le bipartisme ? Parce que ce système n’a jamais fait la coupure d’avec l’autocratie qui se fonde sur la méfiance à l’égard du peuple et sa capacité démocratique de faire les bons choix pour la gouvernance de l’État. Contrairement à la France par exemple, ou aux États-Unis, qui ont fondé des Républiques. C’est-à-dire, l’État du peuple souverain fondé par et pour le peuple démocratique, capable de se gouverner et de faire les bons choix.
Cette méfiance autocratique a toujours parcimonieusement délégué au peuple le minimum requis pour qu’il se croit vivre en démocratie. Un gouvernement nommé par le Souverain, ensuite, un gouvernement responsable, ensuite un gouvernement élu par les propriétaires mâles, ensuite, par le peuple, mais jamais sans soumettre l’État lui-même et sa Constitution à l’approbation du peuple.
Le bipartisme permet encore de ratatiner les choix à faire et contrôler celles et ceux qui incarne de façon simple, simpliste, les choix à faire. Contrôle des partis donc qui s’échangeront le pouvoir par alternance, assurant le mieux possible, le contrôle sur la démocratie. Chaque parti pour obtenir la majorité devra peu ou proue prendre le parti de l’État tel qu’il est avec tout ce que cela représente de conformisme.
Au contraire, le multipartisme, c’est la possibilité de voir un autre joueur changer la donne de la simplification binaire, le plat 2D faisant place à l’espace démocratique du 3D. C’est l’expansion de l’expression des volontés fines du peuple qui ne saurait se résoudre dans une simplification outrancière du nivellement par le bas. Un autre type de gouvernement où la coalition peut s’exprimer autrement que dans la fusion.
L’ADQ existe, et oui, pour se forger un créneau, Mario Dumont exprime, incarne, une certaine idée du Québec qui n’est pas la même que celle des deux partis du bipartisme. L’ADQ, rassemble hors le clivage fédéraliste/souverainiste, les partisans d’une certaine droite. Cela puise donc dans l’électorat souverainiste.
Deux solutions s’offrent aux souverainistes.
De UN : Combattre l’ADQ pour lui ravir son électorat souverainiste, et gagner. L’adversaire reste le PLQ fédéraliste qui a tout intérêt à assurer sa survie, en combattant l’ADQ, qui lui ravit aussi beaucoup d’électeurs. Jean Charest n’a déclaré les élections que pour ça, abattre l’ADQ, pour s’assurer qu’elle ne menace pas sa survie et profiter de sa faiblesse actuelle pour lui asséner le coup de grâce.
De DEUX : Combattre le PLQ, encourager l’ADQ à le concurrencer de manière à faire le plein de fédéraliste fatigués et désabusés. Un électorat mélangé à des souverainistes de droite, ou des souverainistes fatigués. Une mouvance beaucoup plus proche des souverainistes. Une mouvance qui a déjà voté pour le OUI.
Cette dernière avenue me semble la bonne. Elle permet de tenir les fédéralistes pour ce qu’ils sont, une minorité fédéraliste qui gonfle artificiellement son nombre et son importance à même la droite québécoise nationaliste, voire souverainiste. Une ADQ forte permet de dégonfler la baudruche libérale fédéraliste jusqu’auboutiste.
Le PQ dans ce contexte peut faire le plein des souverainistes de centre et de centre-gauche. Le QS, le plein de la gauche et du souverainisme de gauche.
Dans ce contexte multipartiste qui rompt avec le bipartisme britannique, on doit cesser de vouloir revenir à un bipartisme de clivage qui ne pourra que nuire à la cause souverainiste. En effet, le passé montre que le PLQ parvient toujours à être attrayant aux yeux des québécois qui ne se reconnaissent pas dans le simplisme bipartiste. Et qui forcés de choisir, choisiront pour mil et une raison, une autre parti que le PQ. Le chef est trop ceci ou cela, on a coupé les infirmières, on a été trop à gauche... n’importe quoi, même si leurs fins penchants ne les font pas plus fédéraliste qu’il faut, d’autant si le PLQ ratisse large question séduction nationaliste.
Le multipartisme PQ-ADQ-QS, offre l’avantage de pouvoir un jour imposer la majorité contre la minorité fédéraliste. Plusieurs portes s’ouvrent de ce côté. Pourvu que le PQ prenne acte des bienfaits de ce multipartisme. Ce qui n’est pas le cas, le texte que je commente ici en fait état.
Le jour où les souverainistes du PQ comprendront qu’il est dans l’intérêt du souverainisme de prendre acte de cet état de fait multipartisme, ils pourront mettre en branle les mesure qu’il faut pour créer l’Union du peuple souverain du Québec, permettant de former un gouvernement de coalition majoritaire, capable de mettre en place ce qu’il faut engager pour appeler le peuple souverain du Québec à fonder l’État qu’il désire et à se prononcer sur l’État du Canada actuel qu’il refuse.
Cela, malheureusement, ne surviendra qu’après les présentes élections. Malheureusement parce qu’il est tout probable que le PQ ne parviendra pas à former un gouvernement, fut-il minoritaire, justement, parce qu’il n’aura pas pris les mesures pour faire autrement. Malheureusement, les stratèges du PQ pensent pouvoir, comme Jean Charest, éliminer l’ADQ, et ratatiner QS. Un coup de dé. Alors qu’il est plus que probable que QS et l’ADQ forceront encore l’élection de député(e)s du PLQ. Dommage. Et, au lieu de prendre acte de la réalité, on en sera quitte pour parler pour parler en dénonçant les méchants qui divisent le vote souverainiste, alors qu’on ne fait rien pour créer l’Union qu’il faut pour cesser de le diviser. Tout ça, par conformisme britannique. Faut le faire...
Quant à votre assertion qui ferait perdre les « blancs » qui auraient voté à 57% pour McCain, vous oubliez les noirs qui votent pour lui dont certains sont ou ont été dans les gouvernements républicains. Et, vous insinuez que les « blancs » ne gouvernent que pour les « blancs » et que Obama ne gouvernera que pour les noirs. Est-ce bien cela ? Il est ici question de ségrégation raciale ? Les « blancs » majoritaires seraient menacés par l’élection d’un noir par sa minorité qui vote en bloc pour lui ?
Voir mes contributions aux titres :
Le grand problème de la fragmentation du vote
Jacques Noël - Tribune libre de Vigile - 2008 10 21.
ÉLECTION DU 8 DÉCEMBRE 2008
Espérer un gain : choisir le court terme ou le long terme
Luc ARCHAMBAULT- Tribune libre de Vigile - dimanche 2 novembre 2008
Il faut sauver le soldat "P.I."
Luc Archambault - Tribune libre de Vigile - 2008 10 24
QS - Diviser, diviser, toujours diviser
Michel Gendron - 5 novembre 2008

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