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Reconnaissance de la nation québécoise par Stephen Harper :
"De la poudre aux yeux", dit le Bloc
La Presse
mercredi 12 septembre 2007


Toupin, Gilles - OTTAWA - Le premier ministre a beau se vanter de la reconnaissance de la nation québécoise sur la scène internationale, comme il l’a fait devant le Parlement australien hier, cela n’est que "de la poudre aux yeux", a réagi hier le Bloc québécois.

Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, a certes salué à Montréal la déclaration de Canberra de M. Harper, mais il a vite fait de souligner qu’il restait au premier ministre Stephen Harper à passer de la parole aux actes.

"Pour que cette reconnaissance ait une application concrète, a expliqué plus tard la porte-parole du Bloc en matière d’affaires internationales, la députée Francine Lalonde, il faut que (le premier ministre) accorde au Québec ce qu’il revendique depuis 1965 en vertu de la doctrine Gérin-Lajoie, soit le droit de parler en son propre nom dans les forums internationaux, de négocier et de conclure des ententes dans les champs de compétences qui sont les siens."

Insulte à l’intelligence

Mme Lalonde, ainsi que sa collègue Vivian Barbot, porte-parole du Bloc en matière d’affaires intergouvernementales, n’ont guère prisé le discours du premier ministre Harper devant le Parlement australien, le qualifiant "d’insulte à l’intelligence" des Québécois.

Le seul endroit où le Québec a une place sur la scène internationale, a souligné Mme Barbot dans un communiqué, c’est à l’Organisation internationale de la francophonie, grâce à l’intervention de la France. Ailleurs, le Québec n’a pas la possibilité d’exprimer son point de vue.

"La place accordée au Québec à l’UNESCO en mai 2006 par Stephen Harper, ajoute Mme Barbot, est de la poudre aux yeux. On donne au Québec une voix, à la condition qu’il soit d’accord avec ce que dit le gouvernement fédéral. S’il ne l’est pas, il n’a aucun droit de s’exprimer. C’est une insulte à notre intelligence."

"Sois belle et tais-toi", a pour sa part résumé Gilles Duceppe.

Francine Lalonde rappelle de son côté que la Constitution canadienne précise que le gouvernement canadien doit négocier avec les provinces le mode d’application des traités internationaux qu’il signe lorsque ces derniers touchent leurs champs de compétences. "Je ne vois pas pourquoi, à cet égard, le Québec ne pourrait pas avoir droit de parole dans les grands forums internationaux lorsqu’il est directement concerné."




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