Mes plus chaleureuses félicitations à Pierre-André Julien pour son article L’échec assuré pour ce modèle de gouvernance publié dans Le Devoir du mardi 19 juillet 2011. Un diagnostic juste. Une leçon magistrale.
En rémunérant enseignants, médecins et infirmières au rendement – à la pièce – François Legault de La Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ) ignore que le management, c’est atteindre des résultats avec des personnes en qui on reconnaît d’abord leurs valeurs d’épanouissement personnel et l’importance de leurs services professionnels… que l’on rémunère ensuite en argent équitable.
Les services publics (même ceux offerts par le privé !) ne sont pas des calques du fonctionnement des usines de production du début de l’ère industrielle.
En santé et en éducation – comme dans d’autres services publics – les résultats requièrent de la part du personnel : l’intelligence de situations changeantes, l’information pertinente en temps réel, l’innovation continue, la formation permanente et le réseautage des compétences. Des conditions non-quantifiables. Des compétences qui émergent à la fois d’une pratique professionnelle bien vivante et d’une reconnaissance sociétale porteuse.
Le professeur Julien invite à favoriser la sensibilité au temps long, au non-mesurable et au respect des personnes dans leur intégrité professionnelle.
Les enseignants, les médecins et les infirmières – surtout nos dirigeants et plus largement, les Québécois – ont intérêt à reconnaître dans tous leurs projets les fondements d’un développement efficace et harmonieux qui intègre à la fois l’environnement, les outils de la démarche, le temps long, mais surtout les humains avec leur engagement, leur savoir, leur intuition, leur souplesse et leurs goûts naturels pour la réussite.
L’encadrement des « patrons » est là pour donner du sens et de l’harmonie ; la rémunération constitue un signe sensible de reconnaissance. Encore faut-il qu’elle soit correcte… confortable.
Voilà qui est loin de l’illusion managériale de la CAQ de François Legault qui focalise sur le rendement. Heureusement, la démagogie électoraliste et le populisme politicailleur ne tiennent pas longtemps la route dans les sociétés libres et informées.
Gilles Châtillon

