La Nouvelle-France ne s’est pas perdue en septembre 1759 sur les Plaines d’Abraham. La France n’a pas perdu la guerre de sept ans en Amérique. C’est en Europe que la France a perdu et c’est en signant le traité de Paris en 1763 qu’elle a décidé –poussée par le lobby des sucriers français et britanniques - de conserver ses possessions aux Antilles plutôt que le Canada. Nous avons été vendus pour du sucre et du rhum ! L’issue de la bataille de Québec n’a pas pesé lourd dans la balance. Si même après 250 ans, vous ressentez encore de la frustration et de la haine, dirigez plutôt vos puérils jets de fiel vers la France et les commerçants de sucre. Ils sont les vrais responsables de votre malheur. D’un autre côté, compte tenu du succès qu’ont connu les français avec leurs colonies (pensons à Haïti, la Louisianne, l’Algérie, le Vietnam, le Liban...), peut-être devrions plutôt tous nous compter chanceux et les remercier de nous avoir laissé tomber chaque fois que nous buvons un petit coup de rhum.
La Commission des champs de bataille nationaux ne propose pas un spectacle de cirque ; le programme est sérieux et la reconstitution n’a rien de dégradant. Il y aura des gens qui seront sur les Plaines cet été pour honorer la mémoire de ceux, de tous camps (français, anglais, écossais, cana’iens, autochtones, etc.), qui y ont futilement laissé leur vie il y a 250 ans et pour revivre une tranche -et non la fin- de notre histoire. Les autres, vous n’avez qu’à rester dans vos salons à pleurer la "mort" du Canada français tout en écoutant Elvis Gratton 3.
