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« Coïtus interruptus » et gouvernance
…ou comment faire semblant de ne rien engendrer tout en ne se privant de rien !
Jean Desautels
Tribune libre de Vigile
jeudi 30 avril 2009      209 visites      1 message


Jadis, dans un Québec plus puritain où le clergé et la morale populaire voyaient d’un mauvais œil toute forme de contraception, on pratiquait le « coïtus interruptus ». On prétendait que le retrait de l’homme juste avant l’éjaculation empêchait ainsi toute fécondation. On sait très bien aujourd’hui que cette méthode, si elle permettait à l’homme de prendre son plaisir, était particulièrement frustrante pour la femme tout en ne protégeant aucunement des grossesses non désirées.

Nos mœurs sexuelles ont évolué, mais pas nécessairement celles de nos politiciens. Ils nous resservent donc la recette : en cas de risque de conflit d’intérêt, je me retire et hop ! Le tour est joué : personne ne courre de risque ! On discute du contrat que mon ministère va accorder à mon entreprise ? Je me retire, et le risque de problème disparaît aussitôt ! On parle du contrat que j’ai signé avec le copain qui m’amène en voyage sur son yacht ? Je m’extirpe de la discussion au dernier moment, et tout redevient correct ! Mes collègues députés débattent du prix à verser pour le terrain que le gouvernement va m’acheter pour un quelconque projet ? Je m’extrais de la réunion et danger est écarté …coïtus interruptus !

Comme on a tenté de le nous le faire croire jadis, cette pratique est sensée tout régler. Mais comme son analogue sexuel, dans les faits elle ne règle rien tout en ouvrant la porte aux suites les plus fâcheuses. Allons-nous vraiment croire que c’est juste au moment précis où on aborde un sujet en réunion officielle que nos élus et les autres s’influencent mutuellement sur leurs intérêts respectifs ? Serons-nous assez naïfs pour imaginer que les tractations et les collusions se décident uniquement au dernier moment, lors des rencontres qui ne servent habituellement qu’à officialiser ce qui a été convenu d’avance ?

L’apparence de prudence dont veulent actuellement faire preuve nos gouvernements, pour éviter les conflits d’intérêts et se mettre à l’abri des fraudes et de la corruption, ne peut donner qu’une apparence de résultats. Dans les faits, tout comme le coïtus interruptus de jadis, on ne fait que tromper et masquer une situation où ceux qui le souhaitent en profitent à plein tout en se lavant les mains des conséquences.




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Vos commentaires:
  • « Coïtus interruptus » et gouvernance
    1er mai 2009, par Jean Paul Tellier

    Bonjour !

    De la candeur naive du maire Tremblay à Montréal au cynisme le plus malicieux de Jean Charest au gouvernement libéral provincial , les citoyens en ont marre et sont devenus cyniques,immunisés.Ils ne réagissent pas suffisamment ce qui n’arrange pas les choses !



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