
- Nous sommes un peuple
Oeuvre d’art public - Québec - Place de l’Institut canadien
Luc Archambault - 2001 -
La fin du « NI-NI » ouvre la porte à l’appui de la France à la souveraineté de l’État du peuple souverain du Québec. Les applaudissement du Canada le confirme.
Appel au peuple démocratique et souverain de France
« La déclaration de Nicolas Sarkozy à l’Élysée en compagnie de Paul Desmarais et un certain premier ministre du Québec n’est qu’une autre manche dans la campagne référendaire lancée par Jacques Parizeau lors de son élection en septembre 1994. »
Le Devoir-2009 02 04-Opinion-Robin Philpot-Ce n’est pas un truc !, MM. Sarko…
De Gaulle assassiné, mais a contrario réhabilité d’un même coup de poignard
En même temps que le Président Sarkozy assassine de Gaulle, la France renoue avec lui et avec son libre arbitre qui lui permettra à l’avenir de pouvoir s’ingérer dans les affaires canadiennes. La fin du NI-NI ouvre la porte à l’appui de la France à la souveraineté de l’État du peuple souverain du Québec. L’applaudissement du Canada anglais, exact contraire de la réprobation générale du « Vive de Québec libre ! » du Général de Gaulle en 1967, permet d’envisager l’appui franc de la France à la cause du peuple souverain du Québec autrement que dans la timidité du NI-NI. Cela quand un autre Président aura compris ce que ne comprend pas et ne peux pas comprendre Nicolas Sarkozy. Il ne le peut pas parce qu’il doit trop à la famille canadianisatrice de Paul Desmarais.
The ’mother country’ gives Quebeckers a wake-up call
Jeffrey Simpson - The Globe and Mail - 4 février 2009
Canada’s friend in Paris
Sarkozy sees it. And to his credit, he’s not afraid to talk it up. - Editorial - The Toronto Star 4 février 2009
National Post- 2009 02 04-Éditorial- VIVE NICOLAS SARKOZY !
« In truth, France’s so-called ni-ni policy never made any sense. Canada and France are both military allies and trade partners. As Mr. Sarkozy has the good sense to realize, they cannot be “neutral” in some abstract sense to political forces that seek to blow up one country or another from within. »
La politique du Ni-Ni, n’a jamais fait de sens.
C’est vrai… la France ne peut pas être neutre !
Tout compte fait cette revanche du Canada contre l’affront de De Gaulle, qui aura mis 41 ans à se fabriquer, n’est qu’une autre manche d’une partie qui dure depuis 42 ans. Elle n’est en aucun cas décisive. Le Canada aurait plutôt que d’applaudir mieux fait de dénoncer cette « ingérence ». En effet, rien de dit qu’il faudra encore 40 ans pour que de Gaulle soit réhabilité à cet égard en France. Comme si Sarkozy avait l’appui de la France, et même si, comme si cela était éternel… Comme si un autre Président(e), ne viendrait pas, par là et plus vite qu’on ne le pense, y trouver matière à légitimer son appui à la cause du peuple souverain du Québec. Je ne suis pas sûr que le Canada y gagne au change. Maintenant il est trop tard. Il a applaudi une France désormais obligée de prendre parti, fait et cause ! Un jour, la France de la Ve République saura faire corps avec son fondateur. Lui, il a soumis aux voix du peuple la Constitution de l’État du peuple souverain de France. Ce n’est pas le cas du Canada. Cet État n’a jamais été nommément soumis aux voix du peuple souverain du Québec. Il s’impose d’autorité depuis la Conquête. Rien n’a pu le forcer à se soumettre à la démocratique volonté d’un peuple « libre de choisir son destin ».
La Ve République émane du peuple souverain de France.
Pas l’État du Canada !
Du reste, ce serait dans la nature des choses que la France prenne fait et cause pour la cause du peuple souverain du Québec. Elle l’a fait par De Gaulle, elle s’est retranché dans le Ni-Ni par ses successeurs, et fait tout le contraire par la voix de Nicolas Sarkozy. Or, qui rappellera à ce Président, qu’il ne l’est qu’en vertu d’une France, d’une République démocratique qui émane directement du peuple, et cela depuis la IVe République que de Gaulle a nommément soumise aux voix du peuple souverain de France le 21 octobre 1945. La Ve République qui la remplace à la faveur du Punch d’Alger qui remet au pouvoir le général de Gaulle retraité de la politique depuis sa défaite aux élections de 1954, a été pareillement approuvée par référendum le 28 septembre 1958, celle qui a fêté ses 50 ans en 2008. ( Wikipédia ) Depuis la Révolution française, c’est de loin le Régime de Gaulle qui a la plus grande longévité, n’est-ce pas parce qu’elle émane nommément du peuple souverain et que cela ne saurait désormais être tenu pour « sectaire » de la défendre ainsi.
Tu quoque mi filii ( Jules César )
Ce fils de la Ve République né le 28 janvier 1955 dix ans après le référendum légitimant la IVe République, 3 ans avant le référendum approuvant la Ve République, ne semble pas faire la différence entre un État validé par le peuple démocratique et souverain et un État qui s’impose d’autorité sans jamais se nommément constituer par les voix du peuple. C’est l’État du Canada actuel qui s’impose d’autorité depuis 1867, en cela et sans rupture, l’héritier des États qui de force se sont imposés par les armes et le sang versé par la Conquête. La Constitution du Canada n’émane pas du peuple, au contraire de celle de la France. Cela ne semble pas inquiéter ce démocrate républicain. Pourtant, l’État du Canada n’est que le digne avatar d’un Empire monarchique autocratique de droit divin, et ce, depuis la Conquête dont on « commémore » en 2009 le 250e anniversaire de la bataille charnière qui l’a engendré, le 13 septembre 1759 lorsque les Armées du Roi de France Louis XV ont été défaites sur les Plaines d’Abraham qui jouxtent les fortifications de Québec.
De Gaulle qui avait un autre sens de l’histoire, a pleuré en 1967 « la souveraineté inconsolable de la France » et réparé cet odieux abandon de la France à l’égard du peuple souverain du Québec, dès lors sans Souverain puisque Conquis ou « cédé » par le sien à un autre. Un peuple accédant par voie de Conquête armée, au concert des nations en tant que peuple distinct du peuple de France, par l’abdication de fait de Louis XV à son devoir premier de souverain qui consiste à protéger son peuple contre l’envahisseur, le jour même qui a fait de Louis XV un Souverain défait par les armées d’un Empire conquérant concurrent.
De Gaulle qui était parvenu à libérer l’Algérie du colonialisme de la France, avait compris que celui d’un État du Canada qui s’impose d’autorité sans émaner du peuple n’avait pas à recevoir l’appui de la France de la Ve République. C’est bien la cause du peuple souverain du Québec libre qu’il fallait appuyer.
Le Président Sarkozy assassine de Gaulle et la Ve République en affirmant à L’Élysée, siège du gouvernement de la France, que la cause du peuple souverain du Québec est caractérisée par une « sectaire » intolérance politique. Ce quelle intolérance s’agit-il ? Et, si tant était, pourquoi l’intolérance au contraire canadien des idéaux démocratiques qui font du peuple souverain de France et d’ailleurs, le seul et unique fondateur de l’État démocratique doit-elle être discréditée, abandonnée ? L’Europe politique est de temps à autre ralentie par des référendums nationaux ? Que diraient ces nations si une Europe impériale s’imposait d’autorité sans consulter les peuples d’Europe sur ce qui la constitue ? Devraient-elles tolérer cet intolérable État autocratique que serait une telle Europe ? Voilà bien pourtant ce à quoi nous expose et nous presse d’adhérer le 6e Président d’une Ve République de France dûment fondée par et pour le peuple souverain de France, cela sous prétexte qu’il ne faudrait pas abonder dans la division. Si c’est le cas, est-il partisan pour autant d’une Europe qui s’imposerait d’autorité aux peuples d’Europe, en vertu de la sanction royale de quelqu’improbable souverain ou Souveraine se substituant aux voix du peuple souverain de France, parce qu’il faut tout faire contre la division, y compris appuyer les États qui s’imposent d’autorité au peuple démocratique et souverain du Québec ?
Le peuple démocratique et souverain de France endosse-t-il son Président quand il affirme que réciproquement, le peuple de France devrait se soumettre à la volonté des énarques et d’icelle de quelques juges de Cour d’une Europe monarchique et autocratique, comme l’est l’État du Canada légalisé par quelques juges de la Cour Suprême de Sa Majesté la Reine du Canada, Élisabeth II ?
J’appelle de Québec, comme l’a fait de Gaulle de Londres, le peuple de France à répudier un Président qui bafoue le principe même de la République française, un État fondé par et pour le peuple démocratique et souverain de France.

- Nous sommes un peuple
Oeuvre d’art public - Place de l’Institut canadien - 2001
J’ai gravé dans la pierre
Nous - Nous sommes - Nous sommes un - Nous sommes un peuple - Nous sommes le peuple du Québec
Texte de l’Appel du 18 juin 1940 sur les antennes de la BBC
Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des États-Unis. Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres.
De Gaulle assassiné - La politique du « ni-ni » a fait place à celle du déni ? - Tribune libre - 2008 10 18

- Place de l’Institut canadien - Rue Saint-Stanislas - Québec
Nous sommes un peuple
ou, le côté jardin de la pierre où le sentiment d’être croît, ploie ou se grave et le côté cours du temps abstrait des mémoires de l’existence.
Cette invitation à réaliser un projet d’oeuvre d’art public créée pour souligner le 150e anniversaire de fondation de l’Institut Canadien permet à l’artiste de se manifester à titre de créateur et de citoyen. Tels « les jeunes intellectuels » de la fin du 19e siècle qui « décident de fonder un institut à Québec », « motivé par le développement culturel et scientifique des Québécois, ou comme on le disait à l’époque « par la survivance de la race canadienne française », le citoyen qu’il est, est préoccupé par l’avenir incertain du peulpe du Québec et sensible au fait d’honorer ceux qui ont su poser des gestes concrets utiles à ce développement si nécessaire. Sensible aussi au fait que ce geste délibérément incarné dans une institution ait, par le volontaire relais des générations successives, pu se rendre jusqu’à nous qui, prenant le relais à notre tour, décidons de le porter, défendre et illustrer pour que ceux qui nous suivent le transporte encore longtemps.
Le moteur de ce transport n’est autre que ce qui, au plus profond de l’être, l’anime et le constitue : le sentiment d’être. Être humain. Le citoyen et l’artiste n’ont eu de cesse d’en explorer le centre et les contours. L’être, tel qu’il se présente en lui-même et à lui-même et tel qu’il se sent en son corps, frontière primordiale, qu’il habite ou déserte.

