D’attentifs observateurs de l’Amérique latine nous tiennent en alerte sur Vigile au sujet des mouvements politiques actuels du continent sud-américain. La réélection d’Évo Morales, paysan amérindien, hier à titre de Président de Bolivie nous est signalée comme victoire de la solidarité d’un peuple démuni sur les forces de l’argent et du vote médiatique.
La presse nous informait (Marie-S. Des., JournalMétro, 3 déc.) d’efforts de modernisation du système électoral. Réforme de Morales bloquée par l’opposition. Grève de la faim du Pres,. Instauration d’un registre électoral biométrique, dans le pays le plus pauvre et accidenté des Andes : on craignait que ceci n’empêche les Amérindiens de s’enregistrer. Au contraire, ce nouveau moyen a redonné confiance et les inscriptions ont augmenté de 32%.
Au Chili, les élections sont prévues pour le 13 déc. 17 janv si second tour requis. Monsieur Oscar Fortin nous résume en quelques lignes les enjeux.
La Droite (à la Pinochet), représentée par Sebastian Pinera, (favori) talonnée par la Concertation (Bachelet, Lago) représentée par Eduardo Frei, ex-Pres ‘90 Bachelet aurait déçu pour cause de babines à gauche et bottines à droite.
Tous deux sérieusement menacés par Independant Marco Enriquez Ominami, ex-socialiste sympathisant de Chavez.
Gauche Jorge Arrate, ex-min Allende
Monsieur Fortin voit monter M. Marco Enriquez fils de Miguel Enriquez, (M gauche Revolutionnaire ’70) assassiné par les militaires de 73
Cet espoir est soutenu par les foules célébrant la mémoire du poète chanteur Victor Jara (à la Félix Leclerc) martyr des juntes militaires. On disait le peuple désormais chloroformé par la consommation et l’endettement à outrance… Fortin ouvre l’espoir sur cette phrase : « Le réveil de la mémoire, parfois, peut avoir des effets insoupçonnés. Nous l’avons vu avec le « Moulin à paroles »
On se surprend d’entendre que le « Moulin à paroles » ait réveillé la mémoire à qui que ce soit au Québec…
Le seul mouvement de réveil qui semble se manifester actuellement sur les intentions de vote pourrait provenir de la corruption flagrante de nos gouvernements à tous niveaux. Ces vices affichés dans tous les médias même hostiles à l’indépendance du Québec se répercutent plus librement dans les conversations populaires que la plupart des actions récemment provoquées par les agressions de la Cour Suprême sur la langue française. Mais si Le réveil de la mémoire, parfois, peut avoir des effets insoupçonnés, nos stratèges nationaux devraient y saisir l’occasion de canaliser ce réveil.
Nous avons discuté récemment du problème lancinant des séquelles de la Conquête britannique sur notre vitalité nationale, notre cohésion vacillante. J’osai même provoquer les intervenants par la question : « Sommes-nous toujours là ? » Marie-Hélène Monot –Sir, qui fait ici office d’historienne maison, répond d’emblée : « OUI ! et nous comptons sur vous ! » Elle avait mis beaucoup de cœur à répondre à la sous-question posée par M.Pomerleau : « L’Église nous a-t-elle trahis ou nous a-t-elle sauvés ? » Cette auteure française renforce notre lien avec les ancêtres très liés à la religion catholique. Je me garde alors de l’impliquer avec trop d’insistance dans notre cuisine bien locale de leadership toujours à l’ordre du jour dans le grand projet du pays Québec.
À cause du glissement des articles de la Tribune très rapide dans la seconde page, je me permets donc d’attirer l’attention sur cette ouverture que je faisais à la fin de Sylva Clapin, pessimiste et visionnaire. :
· « Là était la vraie question de cet article : « Sylva Clapin, pessimiste et visionnaire. On ne se relève toujours pas de la Conquête. »
Périodiquement, nous rouspétons un peu plus. Révolution un peu trop tranquille. Gouvernements souverainistes un peu trop associationnistes. Référendums un peu trop timides. Repli dans une opposition un peu trop provincialiste.
Les fédéralistes au Québec sont en train de s’enfoncer dans leur propre fange. Un parti « souverainiste » va sans doute les remplacer, dans une alternance toute fédéralisante. Pour nous faire croire que nous sommes encore là ! Nous vivons actuellement des soubresauts verbaux qui nous rassurent sur notre bonne vivacité. Nous dénonçons haut et fort la Cour Suprême qui gère nos politiques : saurons-nous nous en soustraire par l’indépendance complète ? Nous ne jurons que par l’unité de nos forces : chacun cherche encore à demeurer roitelet d’un groupuscule plus indépendantiste que l’autre. Qui nous sert encore de guide comme Jean-Baptiste dans le désert ? Parizeau de la première heure qui dépose le « témoin », que personne ne rattrape ? Qui prépare la connaissance populaire de la vie d’un peuple libre ? Qui réussit à vaincre la tyrannie des médias toujours culpabilisants envers les actions libératrices ? Qui convainc le peuple de la ténacité nécessaire même après le vote d’indépendance ? Qui aura la stature pour renverser l’indifférence des générations montantes, déjà convaincues de la désuétude du projet ? Sommes-nous encore là ?
Oublierons-nous longtemps à Ottawa ce contingent de députés qui ne demanderaient qu’à gonfler les rangs de nos forces actives, ici où ça compte ? Ils ont à leur tête un Général rompu aux escarmouches canadiennes et internationales, las d’être ignoré et ridiculisé sur les bancs de l’autre nation qui n’aura bientôt plus besoin des votes québécois.
Quand le parti indépendantiste retrouve la faveur du peuple, son chef doit l’entraîner vers les sommets. Ce que le peuple a apprécié de Parizeau était sa prestance, sa franchise devant l’ennemi. Sa constance vers le but. Mais un chef n’aime pas s’imposer. Il aime être réclamé, accueilli, épaulé par un peuple uni dans la tâche et déterminé.
