@R. Le Hir
La liste des 15 est aussi sur ZeroHedge.
Heureusement que j’en ai visionné plusieurs d’entre eux au courant des deux dernières années, car ils sont longs et lourds.
@J. Lespérance
Quand les banques n’ont pas assez d’argent pour satisfaire leur voracité insatiable, que font-elles ?
Elles hypothèquent l’avenir des plus pauvres et des plus faibles en les endettant davantage.
On ne peut pas faire ça indéfiniment, c’est impossible, donc le système tire à sa fin.
C’était le cas allemand suite au traité de Versailles. Les frais des réparations de guerre imposés par le traité avait vidé les coffres de la Reichsbank de leur or. Pour pouvoir fonctionner, le gouvernement de Weimar avait permis à la Reichsbank de monétiser (Assouplir quantitativement) pour payer les dettes. Les banques privées ont emboîté le pas sans se restreindre (une pensée pour le grand-père Adolf de Stephen Jarislowski à inscrire ici) puisque la valeur de la monnaie ne reposait plus sur l’or ou autre métal précieux. Ce qui a fait l’hyperinflation de Weimar. La crise fut jugulée par la création d’une nouvelle monnaie reposant sur un autre actif. C’est le commissaire à la Monnaie Hjalmar Schacht qui lançait en novembre 1923 le Rentenmark sous l’égide de Hans Luther, ministre des Finances.
Une réforme inévitable
Elle fut utilisée comme monnaie fiduciaire et distribuée en monnaie et petites coupures entre octobre 1923 et le 15 novembre 1923 par la Rentenbank d’Allemagne. Son lancement officiel eut lieu le 1er décembre 1923.
Le taux de change avec le papiermark fut fixé à 1 pour 1000 milliards, à un moment (novembre 1923) où le cours des devises donnait 4200 milliards de marks papier = 1 dollar US, ce qui correspondait à la parité d’avant-guerre du mark-or contre le dollar.
Cette initiative, par-delà le fait qu’elle supprimait douze zéros sur les billets de banque, créait une monnaie, le Rentenmark, couverte à concurrence de 3,2 milliards de marks-or par des hypothèques et des options sur l’agriculture, l’industrie et le commerce.
Principe
Le Rentenmark n’avait pas cours forcé, en ce sens qu’il n’y avait aucune obligation de l’accepter comme paiement ; mais la population l’accepta et ce consensus mit un terme à l’inflation : un analyste comme Keynes parla même à cette occasion de « miracle » du Rentenmark1.
Le Reichsmark fut introduit le 30 août 1924 et circula en même temps que le Rentenmark. La parité était de 1 Reichsmark pour 1 Rentenmark. Contrairement à ce qu’il est coutumier de croire, le Reichsmark ne remplaça pas le Rentenmark, les paiements se firent dans les deux monnaies. La différence tenait à la façon dont les deux devises étaient indexées :
Le Rentenmark était couvert par l’hypothèque (Grundschuld), c’est-à-dire que tout entrepreneur, tout propriétaire d’usine, de biens mobiliers ou immobiliers hypothéqués devait céder 6 % de la valeur des biens réalisés à l’État. Cette cession « en puissance » couvrait le Rentenmark.
Le Reichsmark était couvert lui par les ressources nationales potentielles, à savoir dans ce cas, les réserves de charbon, de minerai de fer et bien sûr d’or.
Conséquences
La mise en circulation du Reichsmark fit en tout cas disparaître le terme de « Rentenmark » de tous les actes officiels.
La Rentenbank persista après 1924 et les Rentenmark et Rentenpfennig restèrent en circulation. Les derniers billets de Rentenmark (ceux de 1 et 2 Rentenmark) sont datés du 30 janvier 1937 ; ils furent abandonnés lors de l’entrée en guerre de l’Angleterre le 5 septembre 1939 mais furent convertibles jusqu’en 1948.
Comme le Rentenmark et le Reichsmark possédaient la même abréviation, à savoir « RM », il n’y avait aucun motif de supprimer le Rentenmark au profit du Reichsmark. On s’effarouchait même à l’idée de provoquer une panique parmi les usagers en leur remémorant l’hyperinflation des années 1918−1923.
Une anticipation théorique, jamais mise en pratique, du Rentenmark pour combattre l’inflation, fut le Roggenmark, qu’on aurait couvert avec les réserves de céréales, car au terme du Traité de Versailles, l’Allemagne n’avait pratiquement plus de réserves d’or. Ce projet fut toutefois abandonné, ce qui provoqua à partir de novembre 1923 la mise en circulation en dernier ressort des premiers Rentenmark et Rentenpfennig.
À propos du mark-papier :
Le Papiermark (« mark-papier ») est le nom donné à la monnaie allemande à partir de juillet 1914, date à laquelle l’équivalence entre le goldmark (mark-or) et l’or comme étalon fut abandonnée. Les billets de banque ne furent plus convertibles en or et eurent cours forcé.
Entre juillet 1914 et janvier 1920, le cours du dollar américain monta de 4,20 marks (au pair) à 41,98 marks. Par comparaison, le franc était tombé à 25 francs pour 1 dollar pendant la même période.
Le papiermark connut alors une hyperinflation démesurée à partir du début de l’année 1922, qui s’accéléra de façon exponentielle et ce, jusqu’au 20 novembre 1923. Après cette date, il commença à être remplacé par le Rentenmark, puis le 30 août 1924 par le Reichsmark. Le taux de conversion entre les deux systèmes monétaires fut arrêté à mille-milliards (soit 1 billion) de papiermark pour un rentenmark ou reichsmark.
Le rentenmark cohabita avec le reichsmark jusqu’en 1945.
Pièces des monnaie (1914-1923)
Pendant le conflit de 1914-1918, l’émission de pièces en argent continua quelque temps, on trouve des pièces de 1/2 et 1 marks, mais elles furent thésaurisées. En revanche, les pièces de plus petites dénomination furent fabriquées en des métaux moins stratégiques. Au cuivre et au nickel, succéda le fer et le zinc pour les pièces de 1, 2, 5 et 10 pfennig. À partir de 1919, et jusqu’en 1923, la faiblesse du mark, l’état de l’économie et le début de l’hyperinflation ne permirent pas l’émission de pièces en des métaux autres que le zinc ou l’aluminium. Par ailleurs, des émissions locales eurent lieu. Pour ces monnaies de nécessité (en allemand : notgeld) on employa parfois des matériaux tels que la céramique.
Hjalmar Schacht
Un Rentenpfennig (pile et face) de 1923.
50 rentenpfennig (1924, avers). Non, ce n’est pas une croix gammée.
Puis vint la crise de 1929. Les répercussions en Europe ont tardé, mais la Crise a frappé de plein fouet lorsque la plus grande banque privée d’Autriche s’est écroulée en 1931, alors que l’Allemagne négociait une union douanière
à défaut d’un Anschluss interdit par le Traité de Versailles.
Le 27 mars 1930, le cabinet Müller démissionne et Heinrich Brüning est nommé chancelier. Bien que le style de travail du nouveau chancelier soit plutôt marqué par une certaine distance et un certain retrait, Luther et lui noue une relation étroite. A l’invitation du chancelier, Luther prend part aux délibérations du gouvernement. De cette manière, des décisions importantes entre la banque centrale et le gouvernement peuvent rapidement être prises. Sa première épreuve en tant que président de la Reichsbank, Luther la connait pendant la crise bancaire de l’été 1931. Bien avant que celle-ci ne se produise, il avait averti du fait que la règle d’or n’avait pas été respectée dans la branche des crédits. Le gouvernement et la banque centrale sont surpris par l’arrivée effective de la crise. L’une des causes de la crise est l’effondrement de la plus grande banque privée autrichienne le 11 mai 1931. Des négociations ayant été engagées entre l’Allemagne et l’Autriche en vue d’une union douanière, le ministre des Affaires étrangères Curtius plaide pour une aide allemande en vue de sauver la banque. Il s’en suit une crise diplomatique, on redoute la prise d’influence potentielle de l’Allemagne encore frappée par le Traité de Versailles lui interdisant toute tentative d’Anschluss. Si la banque autrichienne est sauvée, la confiance internationale portée à l’Allemagne est fortement remise en cause. Le deuxième facteur important qui a conduit à cette crise est l’opportunité de la révision des réparations de guerre. Le but est de diminuer les réparations dues par l’Allemagne. Le 6 juin 1931, l’Allemagne se déclare incapable de payer les réparations. Une panique bancaire s’en suit, les capitaux étrangers se retirent.
Les conséquences économiques sont énormes. Les retraits d’argent enregistrés par la Reichsbank sont si nombreux que la limite de couverture bancaire autorisée par la loi est dépassée. La DANAT-Bank et la Dresdner Bank annoncent leur insolvabilité. Luther décide avec le gouvernement de fermer les guichets bancaires le 14 et le 15 juillet 1931 pour calmer la situation. Il tente également de convaincre les banques centrales européennes d’accorder un crédit de réescompte à l’Allemagne mais en vain. C’est au niveau politique que les mesures décisives pour surmonter la crise sont trouvées.
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Luther
La république avait besoin de fonds pour relancer l’économie. Les économistes ne voulaient pas de monétisation qui relancerait une hyperinflation. Impossible de fonder la valeur du Reichmark sur l’or que la Reichsbank ne possédait pas. Et l’Allemagne trainait un immense passif vis-à-vis les banques étrangères de Londres et de New York.
Relancer le Rentenmark, c’était hypothéquer davantage les possessions privées qui finiraient par être saisies par les banques [Juives en règle générale]. Cette vision rappelle l’histoire de Joseph en Égypte. Le spectre du Communisme réapparaissait si le système capitaliste tombait.
Au niveau politique, c’était l’instabilité. L’officier Kurt von Schleicher entré en politique voulait créer un état militaire total (Wehrstaat). Pour circonvenir le traité de Versailles, il avait inventé les commandos de travail (Reichswehr noire) qui étendaient les effectifs de l’Armée. Il a favorisé l’essor des SA du NSDAP en pensant les contrôler pour les intégrer. Sa vision était plus radicale que celle d’Hitler. En 1932, suite à une loi martiale décrété par von Papen pour abolir les milices de parti, il démissionne pour forcer le renvoi de von Papen. Sous son égide, des grands travaux à l’image du New Deal furent lancés pour préparer l’Allemagne à un futur conflit. Pour financer les travaux publics et un réarmement de l’Allemagne, une stratégie de financement sous le cabinet Brünig fut les bons Öffa. Une société fut légalement créée pour servir de couverture : La Société allemande de Travaux publics AG ( Deutschen Gesellschaft für öffentliche Arbeiten AG) était une coquille vide sans capital suffisant. Cette société émettait des bons ou coupons d’échange garanti avec escompte par la Reichsbank [la traduction allemande n’est pas claire : sans doute des obligations à escompte du Reichsbank] pour faire un système de troc entre les entreprises et l’État, ce qui a permit d’introduire un total de 1,26 milliards de marks en douce sans monétiser.
Hans Luther s’opposait à la politique de réarmement occulte de l’Allemagne dont les bons Öffa étaient le fondement financier, mais il soutenait la politique de travaux publics initiée sous von Schleicher et continué par Adolf Hitler. Il fut remplacé par Hjalmar Schacht le 17 mars qui s’était rapproché du NSDAP dès 1931. La politique des bons Öffa fut étendue en devenant les bons MEFO de la Société des recherches métallurgiques qui comptabilisaient les échanges de capital-travail.
Au pouvoir, Hitler nomme Schacht président de la Reichsbank, puis ministre de l’Économie en 1934. En tant que ministre, Schacht développe une politique mercantiliste basée sur de grands travaux comme la construction d’autoroutes financés par l’État. Il s’agit en fait de la politique initiée par von Schleicher depuis 1932 et qui n’est pas très différente du New Deal de Roosevelt à la même époque. À partir de septembre 1934, Schacht lance son « Plan nouveau », qui consiste à organiser l’autarcie en restreignant les importations aux seules matières premières nécessaires au réarmement et à tirer profit de la faiblesse de certains partenaires commerciaux de l’Allemagne.
Schacht organise de fait l’insolvabilité de l’Allemagne vis-à-vis de l’extérieur. La dette publique massive en devises étrangères que l’Allemagne avait accumulé pendant la Grande Dépression n’est pas résorbée pendant les premières années du Troisième Reich. Schacht négocie plusieurs traités commerciaux avec des pays de l’Amérique du Sud et des Balkans selon lesquels l’Allemagne peut importer des matières premières et payer en Reichsmarks, ce qui donne la garantie que la dette ne s’alourdit pas, tout en permettant au gouvernement allemand de négocier la dette existante. Parmi ses créations les plus spectaculaires, il y a les Bons MEFO. L’idée est la création d’une société imaginaire, la Metallurgische Forschungsgesellschaft, m.b.H., ou "MEFO" dont les titres servent de monnaie d’échange convertible en Reichmarks sur demande. Les MEFO sont surtout utilisés pour payer les industries d’armement. Les banques et les municipalités sont obligées d’acheter des Bons MEFO, jusqu’à hauteur de 30 % de leur portefeuille pour les banques et de 90 % pour les municipalités et compagnies d’assurance. Ceci permet une importante augmentation de la masse monétaire, qui s’accroit de 33 % par an entre février 1933 et février 19381.
En janvier 1937, Schacht est décoré de la médaille d’or d’honneur du parti. Il est renvoyé du ministère de l’Économie à sa demande en novembre 1937, à cause de différends portant notamment sur l’importance des dépenses militaires, qui créent de l’inflation, et de relations conflictuelles avec Hermann Göring. Il conserve son poste à la tête de la Reichsbank jusqu’en 1939 et est ministre sans portefeuille jusqu’en 1943, titre essentiellement honorifique.
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hjalma...
Les bons MEFO, pour Metallurgische Forschungsgesellschaft, ont été mis en place en Allemagne par Hjalmar Schacht, ministre des finances de 1934 à 1936, sous le régime nazi. Ils s’inscrivaient dans le projet de relance économique sans augmentation de la masse monétaire. Ils n’étaient pas comptabilisés dans la masse monétaire, et servaient à l’État pour payer les industries d’armement. Le MEFO permet de contourner les restrictions financières du traité de Versailles, et contribue au réarmement sous le Troisième Reich.
Historique
En 1939, la valeur des MEFO atteint 12 milliards de marks, contre 19 milliards de marks de dette officielle.
Analyses
On peut le voir comme un système de « vraie-fausse » monnaie fondée sur des reconnaissances de dette échangées par les entreprises, émise par la Metallurgische Forschung ou MEFO.
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bon_MEFO
Le programme des travaux publics a permis la constructions des autobahns de l’Allemagne qui seront vitales pour les transferts d’hommes et de matériels pendant la guerre.
Les initiatives qui ont commencé sous Kurt von Schleicher dans le cadre du NeuPlan pour l’atteinte de l’autarcie allemande, ont influencé le programme du New Deal de Franklin Delano Roosevelt. L’Amérique a retombé en récession en 1937 lorsque l’administration FDR a manqué d’argent pour stimuler l’économie. L’Allemagne commençait à s’essouffler avec une surchauffe inflationniste qui dépassait les hausses du pouvoir d’achat. En janvier 1939, Schacht demandait l’austérité à Adolf Hitler. Ce qui signifiait couper les dépenses militaires puisque la stratégie des bons MEFO atteignait sa limite. Cette demande fut refusée. Les bons MEFO ne furent plus renouvelés et Schacht démissionna. Hitler fit appel à son ancien mentor Friedrich Feder qui permit la création monétaire directe par le Reichsbank.
Aucun investissement se faisait du côté agricole. La mécanisation des fermes ne se faisait pas et les salaires industriels attiraient les ouvriers agricoles en ville.
La chute des productions agricoles n’aurait pas aidé le Roggenmark avec les céréales comme gage de garantie.
Le 3e Reich devenait encore plus dépendant de l’extérieur pour satisfaire ses besoins alimentaires.
De nouveaux accords de trocs entre l’Allemagne et l’union Soviétique furent discutés au printemps 1939. Ils aboutirent au pacte Ribbentroop-Molotov en août 1939.
Au point où nous en sommes en Amérique, j’imagine que le prochain gouvernement américain va chercher l’équivalent des bons MEFO pour relancer le système économique malgré la dette publique et faire la guerre à l’Iran. Mais il va devoir faire face à la Chine qui cherche à échanger ses dollars contre une partie supplémentaire de l’écoumène.
Si le Québec fait l’indépendance, il devra développer une vraie monnaie fondée sur autre chose que l’or ou l’or et l’argent puisqu’ils n’existent pas en quantités suffisantes pour générer une monnaie forte perpétuelle. À l’instar du Potosí, les mines peuvent s’épuiser. La meilleure ressource que nous avons est le capital-énergie de l’hydro-électricité qui sera valorisé dans un contexte où les hydrocarbures coûteront plus cher à extraire.
Une autre leçon de Weimar est la possibilité d’un bimonétarisme pour favoriser une économie autarcique ou simplement assez indépendante. Les Américains avaient déjà connu le Colonial Scrip avant leur indépendance.
La Constitution nous interdit d’émettre notre monnaie en tant que province. Mais elle n’a pas interdit à des entités privés d’émettre leur propre monnaie. Que ce soit des banques privés ou des compagnies de comptoir qui émettaient de la monnaie autre que la Piastre du Dominion. Aujourd’hui Canadian Tire a sa propre monnaie. Il y a les points Air Miles et ses semblables. Avant de faire l’Indépendance, on pourrait peut-être envisager une société-écran pour émettre de la monnaie québécoise à fin de développer notre propre réseau d’échanges pour le développement de nos infrastructures.