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Au Québec Dracula est l’administrateur de la banque de sang
Normand Perry
Tribune libre de Vigile
vendredi 6 novembre 2009      137 visites


Les dernières élections municipales au Québec ont donné lieu, nous le savons trop bien, à des révélations scabreuses à propos du financement des partis politiques au Québec, nonobstant le niveau de gouvernement concerné (municipal et provincial). Des révélations toutes aussi savoureuses ont également fait surface dans la gestion et l’attribution de contrats par appel d’offres publique où, semble-t-il, certains seraient privilégiés par rapport à certaines règles établis. Par les diverses réactions offertes par plusieurs membres du Gouvernement du Québec actuellement au pouvoir, il semble que la voie d’une commission d’enquête publique pourrait devenir quelque peu gênante pour beaucoup trop de gens pour qu’on puisse en mettre une de l’avant.

Par ailleurs, nous avons vu à Montréal des résultats électoraux quelque peu étonnants : un taux de participation aux élections municipales qui a à peine franchies les 39,44 % des 1 100 206 électeurs inscrits, avec un vote majoritairement contre lui, le maire Gérald Tremblay s’est pourtant vu attribuer la victoire, tout simplement parce qu’il s’est faufilé entre ses deux adversaires principaux, Louise Harel et Richard Bergeron. Le vote de protestation s’est pourtant fait à l’encontre du maire Tremblay. Si nous avions un système d’élection ne permettant l’élection d’un dirigeant qu’à plus de 50 %+1 des voix exprimées, il y aurait logiquement eu un deuxième tour avec deux candidats en lice. Ce qui met en lumière un système démocratique archaïque et non efficient.

Dans un article paru dans le journal La Presse le 22 octobre dernier sous le titre « Démocratie en péril », j’avais mis en relief les dangers encourus par l’abandon graduel de notre système démocratique par ceux et celles (les citoyens cyniques) ayant marre de cette mascarade. Personne ne semble vouloir prendre le leadership nécessaire pour apporter des réformes démocratiques fondamentales, alors que la démocratie, telle que vécue au Québec est dénuée de tout sens logique, et à terme, sa viabilité risque de rencontrer bientôt un terme fatal. On voit bien où le bat blesse le plus.

Les règles fondamentales entourant le fonctionnement démocratique au Québec est entre les mains du Gouvernement et de l’Assemblée nationale du Québec, un pouvoir conféré par la constitution canadienne. Dites-moi : les élus ont-ils vraiment intérêt à entreprendre des changements importants ayant pour effet de changer leur statut et leurs conditions ? Tout naturellement on sait que la réponse ne peut pas être positive. Cette question, on pourrait la résumer en une formule choc : au Québec, la banque de sang est administrée par Dracula.

Il m’apparaît donc assez claire que la totalité des fondements de la démocratie au Québec devrait être retiré des pouvoirs des membres de l’Assemblée nationale pour être confié à une autorité indépendante, externe et libre de pouvoir apporter les changements pouvant rétablir et accroître la crédibilité de notre démocratie. Sans quoi on finira bien par mériter le quolibet de « république de banane » aux yeux de la communauté internationale, et cela à déjà commencé. A-t-on perdu à ce point tout sens de fierté au Québec ?

Sur cette question, il est difficilement concevable que le Gouvernement du Québec, pas plus que les membres de l’Assemblée nationale du Québec puissent prendre une décision dénudée de tout conflit ou apparence de conflit d’intérêts. Une décision aussi importante touchant les fondements de la démocratie au Québec doit être prise par l’ensemble des citoyens, et il n’existe qu’un seul moyen pour ce faire, appeler un référendum sur cette question.

Reste à savoir qu’une chose : le cynisme actuel de la population est-il assez fort et suffisamment intense pour provoquer un mouvement populaire forçant le Gouvernement à appeler un tel référendum, et uniquement sur cette question ?

Normand Perry, b.ph. L’auteur fut membre du conseil municipal à Les Coteaux, de novembre 2005 au 2 octobre 2009




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