A Caroline Moreno
Suite à la série de reportages de La Presse sur les situations souvent pénibles vécues par les personnes âgées dans les Centres de soins de longue durée (CSLD) alors que des soins élémentaires d’hygiène et de nutrition laissent gravement à désirer, la solution trouvée par la ministre Marguerite Blais est l’envoi dans les Centres de clowns dits thérapeutiques. Elle dit avoir été influencée par l’Institut de gériatrie mais je crois que c’est son entourage ministériel qui lui a donné cette idée.
Robin Williams nous a déjà sensibilisés sur l’utilité d’une boule rouge sur le nez auprès d’enfants malades. Sans négliger les questions graves soulevées par les deux oppositions à propos des négligences dans les soins et services aux aînés en perte d’autonomie, je recommanderais à ces aînés de regarder la période des questions à l’Assemblée nationale.
Suite à la fréquente utilisation du mot clown, les personnes âgées pourront constater en riant la maladie d’Altzeimer dont sont affectés tous les ministres libéraux puisque dans leur pseudo-réponses aux questions précises de l’opposition, on peut constater que même si la question vient tout juste d’être posée, ils l’ont oubliée puisqu’ils n’y répondent pas.
Les personnes âgées sursauteront chaque fois que le leader de l’opposition protestera contre ce mépris flagrant de la démocratie. Elles trouveront particulièrement comiques les répliques du ministre de la police Jacques Dupuis que je qualifierais de clown en chef non-thérapeutique, ce donneur de leçons qui déforme systématiquement le livre des réglements d’une manière odieusement partisane. Comme ministre de la police, il ne lui manque qu’un gun qui lui permettrait de tirer à bout portant sur les députés de l’opposition. Il en rêve.
Celui qui méritait le plus, en deuxième position, ces derniers temps, le titre de clown en second non-thérapeutique, c’est le diminutif et petit politicien Raymond Bachand dont la performance a été du plus haut comique dans ses réponses sur les FIERs et sur les pertes à la Caisse de dépôt. Il n’y a que Louis de Funès dans l’Avare de Molière pour le surpasser. Les aînés qui sont souvent des personnes sensibles ne pourront réprimer un sentiment de pitié devant les réponses lamentables du petit Bachand aux questions ô combien légitimes de l’opposition. Ils auront compris que les chiens et les chats dans l’hôtel financé par un FIER sont mieux traités qu’eux ce qui les a quand même attristés : tout n’est pas drôle dans la vie et on ne peut pas rire de tout. On le sait : le clown cache une tristesse profonde.
En troisième position se situe Yolande James dont la capacité à survoler les problèmes d’intégration des immigrants par la francisation et l’emploi n’est dépassée que par Michaelle Jean, notre gouverneure générale bien-aimée. Les personnes âgées apprécieront le jovialisme de leurs propos et apprécieront le charme indéniable qui se dégage de leur personne maquillée et parfumée.
Les personnes âgées apprécieront aussi l’aisance et la faconde (avec une faute de français à tous les dix mots) du premier ministre Jean Charest et seront rassurées en apprenant qu’il a reçu depuis 1998, un bonus de 75,000 $ par année du Parti libéral en plus de son salaire de 182,000 $. Quant à la faculté de ne pas répondre à la question précise qui lui est posée, il est hors catégorie. Chaque fois, il mérite un Oscar pour le meilleur acteur de la période de questions du jour. Avec le ministre de la police qui est à côté de lui avec son gun pour le protéger du manque de respect de l’opposition, lui qui obtient quotidiennement la servilité et l’admiration béate de ses ministres dont presque la moitié, n’est-ce pas, sont des femmes.
Est-ce que lui aussi est un clown non-thérapeutique m’a demandé une personne âgée qui a été habituée à respecter l’autorité ? A vous de répondre, madame, servez-vous de votre jugement. Elle m’a dit : Je le trouve drôle quand il parle de souveraineté, de la loi 195 : il me semble qu’il ne se comporte pas en gentleman avec Mme Marois. Je suis troublée : est-il vrai que le Parti québécois qui a été au pouvoir a tout mal fait ? Ça se peut pas. Je me souviens que j’avais de bonnes raisons de voter pour le Parti québécois. Mais j’ai dû me tromper. Le Parti québécois a rien fait de bon et de bien.
Est-ce que j’ai la berlue, dit la personne âgée, il me semble que je vois une boule rouge sur le nez de Jean Charest, Raymond Bachand, Yolande James et Jacques Dupuis ?
Vous avez peut-être des problèmes d’audition, lui dis-je, mais vous avez de maudits bons yeux.
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 22 mai 2009


