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30e anniversaire d’une certaine victoire !
Jacques Bergeron
Tribune libre de Vigile
mercredi 15 novembre 2006      206 visites


En cet anniversaire de la prise du pouvoir par le Parti Québécois, au lendemain d’une réunion d’intellectuel-le-s réuni-e-s entre elles et eux afin d’échanger, j’ai pensé vous soumettre cet article écrit en mars 2001 et revu à la lumière de l’évolution de l’idéal des indépendantistes du Québec, en dehors d’une rectitude politique souvent préconisée par des gens incapables de réfléchir et de poser des actions sans la permission de leurs maîtres. Comme des esclaves, ils se contentent d’agir à l’intérieur des balises définies par ceux qui les gardent prisonniers derrière les clôtures des champs qu’ils cultivent ou des murs de leurs entreprises. Pendant qu’ils échangent, d’autres individus posent des actions capables de les libérer.

Mais elles et eux sont des intellectuel-le-s, il nous faut les comprendre, la rectitude politique et leur pensée civique leur interdisant de poser des gestes brusques pouvant les libérer. Je leur dédie cette pensée d’une grande Québécoise.


Le fascisme et le communisme ne sont que deux types de tyrannie qui réduisent l’individu à l’état de larve obéissante et soumise.

À l’opposé, les « nationalismes », « l’attachement » à son propre coin de terre, la « confiance et le respect » à l’égard du passé et de l’« avenir collectifs », sont indestructibles et irremplaçables.

Ceux (celles) qui nient cette réalité-là n’ont pas de racines, ou essayent de les détruire et, en fin de compte cela revient au même.

Alice Parizeau, Côte-des-Neiges. p. 353


LE SCRUTIN PROPORTIONNEL, UN PIÈGE DES FÉDÉRALISTES

Jacques BERGERON
Mars 2001

Depuis les fusions à la Lucien 1er, et les sondages truqués, il ne se passe pas un jour sans que les sbires, thuriféraires de la cause fédéraliste, ne viennent nous dire que c’en est fait de notre idéal. Que toutes les indications le démontrent.

Voilà qui est dit, puisque le plus serviteur ( journaliste à la Presse) parmi les esclaves Canadiens-français québécois, s’est prononcé, et que tout ce qui sort de sa plume avilie ne peut être que vrai. Laissons-le dormir du sommeil du juste et donnons-nous les moyens de remporter la prochaine joute électorale.

Dans un premier temps, il nous faut nous opposer à modifier le mode électoral comme le suggèrent ces personnes qui se prennent pour des intellectuels réunis dans le mouvement pour une nouvelle démocratie. En suivant leur recommandation, c’est le pouvoir indéfini que nous donnons aux anglophones, eux qui votent massivement, (souvent à 100%) pour le Parti Libéral du Québec et contre la volonté d’émancipation politique du peuple du Québec à chaque référendum.

Pour contrer ce mouvement, il nous faut prévoir un mode de scrutin qui viendrait « légitimer » la présence des députés au parlement. Il est assez aberrant de constater que l’on veuille donner une voix aux petits groupes, pour ne pas dire aux groupuscules, sans jamais songer à légitimer la présence d’un député dans notre parlement.

Est-ce que la démocratie ne serait pas mieux servie par ce mode de scrutin que par celui qui veut promouvoir la présence de petits partis dans un système à la proportionnelle rejeté par les Italiens et la France au cours des dernières années, parce qu’il rendait ce pays ingouvernable dans le cas de l’italie et qu’il donnait des voix aux extrémistes dans le cas de la France.

Si on se permettait d’étudier tous les pays où existe la proportionnelle à cause de tous ses défauts, on éviterait, nous du Québec, de tomber dans le piège des fédéralistes et des petits partis qui veulent absolument être présents à Québec.

Question ? Pourquoi ces honorables personnes ne proposent-ils pas ce système à « Ottawa », où un certain parti gouverne sans arrêt, tout en étant élu par moins de 40% de l’électorat ?

C’est une question que se posait comme nous, le Politologue Denis Monière au début des années 2000, question toujours d’actualité !

Ce qu’il nous faut plutôt promouvoir, c’est une élection à deux tours, où les deux candidats ayant les meilleurs résultats au 1er tour pourraient seuls se présenter au 2ème tour.

Voilà qui légitimerait une bonne fois la présence de nos élu-es- à Québec, et qui ne brimerait en rien les Anglos/Québécois, puisque leurs candidats seraient tous élus au premier tour de scrutin.

Nous pourrions, dans toute notre magnanimité, permettre que les partis minoritaires soient représentés à Québec, par leurs chefs ou une personne désignée par ces partis poltiques,s’ils reçoivent au moins 5% des votes exprimés, à la condition que ces partis n’aient aucun élu lors d’une élection.

Voilà qui nous éviterait de tomber dans le piège des ennemis du Québec, et de l’instabilité politique du mode de scrutin proportionnel.

Dans un second temps, si nous voulons vraiment faire avancer notre idéal, il nous faut nous donner des moyens pédagogiques d’en faire la promotion.

Définir le contenu d’une constitution d’un Québec indépendant serait un moyen de grande valeur pouvant convaincre nos frères et nos soeurs du bien-fondé de l’indépendance du Québec de langue « française » en terre d’Amérique.

Lorsque les Québécois auront défini leur pays, comme nous le disions dans notre mémoire remis à la Commission de Montréal siégeant sur l’avenir du Québec, (7 février 1995) et dans plusieurs articles parus dans l’Action Indépendantiste du Québec, comment pourront-ils se refuser l’émancipation qui seule peut leur permettre de profiter du pays qu’ils auront défini.

Quelques mois nous séparent d’une prochaine joute électorale. Nous nous devons d’en profiter pour promouvoir notre volonté d’exister, que seul un pays indépendant peut nous donner.

L’indépendance du Québec, et la volonté de nous donner, et de donner à nos enfants et petits-enfants, un pays indépendant de langue française doit nous guider dans nos actions.

Ne nous laissons pas endormir par ces 124 intellectuels de nouveau réunis le 12 novembre dernier afin d’échanger entre eux sur toute autre chose que des « actions » à poser afin de faire naître le Québec indépendant de langue française que nous recherchons afin qu’il devienne le foyer de tous les locuteurs de notre langue en terre des Amériques. Notre cause est trop importante pour la laisser aux mains de ces intellectuels.

En ce 15 novembre, 30 ans après la prise du pouvoir par le Parti Québécois, donnons-nous les moyens de traduire en victoire finale cet anniversaire, en pensant aux Raymond Barbeau, Marcel Chaput et Pierre Bourgault, ces ancêtres de notre idéal, décédés sans avoir vu leur naître ce pays de langue française qu’ils voulaient offrir à leurs concitoyennes et concitoyens du Québec.

Jacques Bergeron
Article revu le 15 novembre 2006




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