Pour les Québécois, les six premiers mois de 2012 ne sont que le reflet de leur annexion collective. Le film « La vie des Autres » de Florian Henckel von Donnersmarck (All., 2006) présente un tableau sublime des réalités d’un peuple qui a perdu durant une quarantaine d’années la possibilité de jouir de sa liberté collective. [Dossier pédagogique. http://www.zerodeconduite.net/lavie...] Dans un tel cas, la pensée devient perturbée par l’ordre qui règne au détriment de la justice et des libertés à la fois individuelles et collectives. Le champ social est perturbé et dérangé. La vie collective est désorganisée parce que l’ordre auquel est soumis un tel groupement humain est absolu et marqué par une logique sociale qui ne supporte d’aucune façon la démocratie d’en bas. On dit, le gouvernement doit gérer et faire régner l’ordre contre la rue. Le sentiment d’incapacité du groupe humain dominé devient très grand. Il parvient à paralyser l’action libre.
Ce que les Québécois vivent sous le régime de Charest représente un condensé historique de ce que vivent les Québécois-Français depuis des générations. Le désarroi est bien réel et le dominant ou le détenteur du pouvoir ou de l’autorité s’en moque éperdument. Conséquemment, le désordre général de notre pensée collective inhibe le besoin de libération collective nationale des Québécois. Trop de débats épars dans l’ordre SOCIAL voilent le combat NATIONAL au fond de son essence qui devrait être la recherche, l’affirmation et la défense de l’AGIR (PAR SOI) COLLECTIF. Une seule idée qualifie cette position d’abord : L’INDÉPENDANCE NATIONALE COMPLÈTE DU QUÉBEC. Cette fin politique constitue l’amorce de l’ouverture au monde par soi qui est l’INTERDÉPENDANCE dans l’autonomie, la collaboration et le vivre par soi collectif selon sa propre fin avec les autres nations indépendantes.
Qu’elle soit précipitée ou reportée, la prochaine élection demeure un fait démocratique divers parmi la liste des élections vécues depuis 1792 au Canada. Pourquoi ? Parce que c’est le statu quo permanent dans l’annexion, c’est-à-dire le remplacement par une autre société nationale canadian qui gouverne et agit à notre place. Cette situation crée structurellement la dépendance collective des Québécois-Français au sein de l’État canadian. Le processus est en marche depuis la Défaite de 1760. Cette défaite fut « fondamentale » parce que la nation vaincue n’a pas pu, dans son ensemble ou dans sa majeure partie, retrouver depuis la maîtrise complète de sa vie nationale.
On aura beau analyser les élections au Québec sur toutes ses coutures qu’on ne pourra jamais rien voir de plus que la subordination de notre société à une autre, majoritaire au national et au local, dans le système pancanadien. Une illustration nous en a été donnée récemment par la commémoration par le gouvernement fédéral de la guerre de 1812 par les États-Unis contre le Canada. Or, c’est grâce à la marine et à l’armée britanniques que les colonies britanniques loyales au XIX e siècle ont échappé à la conquête étasunienne. La métropole anglaise, plus puissante que les États-Unis, a été capable de protéger militairement sa colonisation. Les Canadiens n’on pas eu le choix de défendre le Canada-Anglais d’où le trouble qui a été exprimé dans le mémoire des « Canadiens » de 1814 où ils découvrent qu’ils sont « les jouets d’une contradiction étrange ».
Bruno DESHAIES, Le deuxième Canada (6/29) : « L’affirmation nette de la crise » comme peuple : Canadiens-Français vs les Anglais. » (INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 306, jeudi, 29 novembre 2007) http://www.vigile.net/Le-deuxieme-C...
Bruno DESHAIES, Le deuxième Canada (7/29) : « La guerre canado-américaine de 1812 : le Canada-Anglais échappe à l’Annexion. » (INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 307, jeudi 6 décembre 2007) http://www.vigile.net/Le-deuxieme-C...
Bruno DESHAIES, éd., « Mémoire des "CANADIENS" de 1814 », dans Histoire de deux nationalismes au Canada, Montréal, Guérin, Éd., 1997, p. 187-197. Analyse en seize points par Maurice Séguin aux pages 173-179.
Résultat pour le Canada-Anglais : « L’Alarme a provoqué la peur… ils [les British Americans] ont échappé à l’annexion… la guerre les a fait réfléchir : NÉCESSITÉ D’UNIR ? DE FÉDÉRER LE BRITISH NORTH AMERICA. » Finalement, la fédération fut réalisée en 1867 et le processus de subordination de la nation québécoise se perpétue inexorablement. Les défenseurs de l’unité canadienne peuvent être aussi bien des Québécois-Français que des Canadiens-Anglais. Le commun dénominateur : être fédéraliste à toute épreuve.
« L’élection » de Charest ne fait que confirmer la main mise du Canada-Anglais sur le Québec et ses institutions ainsi que sur la société québécoise sous tous les aspects politique, économique, social et culturel (en plus normatif dans de nombreux domaines du fonctionnement du fédéralisme). Dans les circonstances actuelles, cette élection ne vise qu’une fin : désorganiser encore plus le Québec sous toute sorte de fallacieux prétextes.
Cette « élection de Charest » doit être dénoncée par toute la population québécoise parce qu’elle est une mascarade de démocratie. Puisque les médias n’abordent pas la question sous cet angle, peut-on se dire de bouche à oreilles qu’il a dépassé les bornes du respect du bien commun et des intérêts supérieurs du Québec ? Sa manière de gouverner et ses objectifs politiques confortent l’annexion collective incapacitante, contraignante, aliénante, asservissante et frustrante des Québécois-Français dans le système canadian. La population québécoise est anéantie devant son arrogance insensée et sa présence délétère. Son obsession électoraliste dépasse la mesure. Les autres partis politiques devraient comprendre la situation mieux que ce gouvernement excessivement insultant. Le peuple ne peut plus accepter une pareille démesure.
Les Québécois réclament prioritairement deux décisions de l’État québécois : (1) l’abrogation de la loi spéciale (78) ; (2) l’élaboration immédiate d’une véritable politique publique du fonctionnement et de la gestion du réseau d’enseignement postsecondaire avant tout geste d’augmentation des frais de scolarité. Pour ce faire, des élections à court terme sont inutiles. PAR CONSÉQUENT, TOUS LES PARLEMENTAIRES À L’HÔTEL DU PARLEMENT À QUÉBEC DOIVENT PRENDRE ACTE QU’ILS NE SONT PAS QUE DES DÉPUTÉS MAIS AUSSI DES LÉGISLATEURS.
La société civile ne demande rien de moins que les parlementaires assainissent le paysage législatif avant de nous imposer bêtement de les juger tous et toutes très sévèrement. FAITES LE BOULOT POUR LEQUEL VOUS ÊTES PAYÉS. S’il le faut, qu’un nouveau cabinet politique soit formé pour résoudre la crise indûment prolongée par l’incurie du travail du gouvernement et des parlementaires. Faites ensemble votre travail de parlementaire proprement.
Le premier ministre est lui aussi un parlementaire parmi les autres comme il est un député comme les autres. L’État qu’il gouverne n’est pas une boutique d’intérêts partisans et de combines électoralistes. La société civile s’attend à beaucoup plus de leurs parlementaires à Québec.
Vous devez régler en priorité les deux problèmes litigieux et, ensuite, vous pourrez lancer un appel à la population dans un contexte politique et démocratique plus serein. C’EST CE QUE LA POPULATION ATTEND DE LEURS PARLEMENTAIRES À L’ASSEMBLÉE NATIONALE.

