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Avec l’approbation de la ministre de l’Éducation du Québec
100,000$ à Brent Tyler pour combattre la loi 104
“en leur âme et conscience” dit-elle.
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
vendredi 30 octobre 2009      403 visites      8 messages


Le Réseau de Résistance du Québécois a organisé une protestation devant les bureaux du suave et doucereux avocat Brent Tyler sur la rue Saint-Paul à Montréal. Je me demandais quels ont été les honoraires payés à l’avocat de ceux qui veulent contourner la loi 101. J’ai reçu la réponse dans Le Devoir du jeudi 29 octobre 2009.

Avec comme titre : “Combattre la loi 101 avec de l’argent public - Courchesne défend les commissions scolaires anglophones”, Robert Dutrisac écrit :

“La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne s’est portée hier à la défense des commissions scolaires anglophones qui ont financé la contestation réussie de la loi 104, cette loi qui était destinée à colmater une brèche dans la loi 101 et qui a été invalidée la semaine dernière par la Cour suprême.

« Si ces élus, à titre de commissaires de communautés anglophones, veulent défendre les droits de leur population en leur âme et conscience, ce n’est pas à nous d’en juger », a fait valoir Michelle Courchesne à l’Assemblée nationale.

Lors de la période de questions, le député de Borduas et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation et de langue, Pierre Curzi, a demandé : « Pourquoi la ministre a toléré que de l’argent public soit utilisé pour contester et combattre la loi 101 ? »

En mars 2008, il fut révélé que cinq des neuf commissions scolaires anglophones, réunies sous la Québec English School Board Association (QESBA), avaient contribué à hauteur de 200 000 $ pour la contestation de la loi 104, menée par l’avocat Brent Tyler devant la Cour suprême. La QESBA estime aujourd’hui que c’est une somme 100 000 $ qui a finalement été versée.

Adoptée en 2002 à l’unanimité par l’Assemblée nationale, la loi 104 empêchait qu’un bref passage dans une école privée de langue anglaise suffise pour qu’un enfant obtienne le droit de poursuivre ses études en anglais dans le réseau public ou dans une école privée subventionnée. La Cour suprême a jugé inconstitutionnelle la loi 104, reconnaissant le droit aux parents francophones ou allophones qui en ont les moyens de payer l’école anglaise à leur progéniture.”

Ainsi donc la Quebec English School Board Association a payé un minimum de 100,000 $ à l’avocat Brent Taylor en honoraires pour qu’il combatte la loi 101 jusqu’en Cour suprême. Et comme le dit la ministre, la Quebec English School Board qui veut augmenter sa clientèle au détriment du français dans la région de Montréal et l’avocat Brent Tyler qui veut faire de l’argent, agissent “en leur âme et conscience”.

Pauvre Michelle Courchesne, elle a bien de la misère à concilier son affirmation que “la primauté de l’enseignement en langue française, au Québec, est une valeur importante et fondamentale” avec le fait que certains immigrants n’ont que faire de cette “valeur” du français et veulent s’assimiler aux anglophones contrairement à l’objectif premier de la loi 101. Les contorsions de la ministre pourraient s’expliquer par le fait que ces immigrants et les écoles anglaises qui veulent les “accueillir” pour augmenter leur clientèle constituent la base électorale du parti libéral du Québec.

On lira avec intérêt l’échange entre Pierre Curzi et Michelle Courchesne à la période des questions du jeudi 29 octobre 2009, échange que je commenterai.

Le Président : En question principale, M. le député de Borduas.

M. Curzi : Merci, M. le Président. En 2008, la ministre de l’Éducation se disait préoccupée de l’utilisation des fonds publics par les commissions scolaires anglophones pour attaquer la loi 101. Hier, la ministre a défendu ces mêmes commissions scolaires, qui affirment aujourd’hui, dans un article dans Le Devoir , que leur but, c’est d’augmenter leur clientèle.

Il s’agit non pas de la protection des droits de la minorité anglophone, mais il s’agit, pour les commissions scolaires, d’augmenter une clientèle qui sera composée de francophones et d’allophones qui, parce qu’ils sont fortunés, pourront contourner la loi 101 et acheter une éducation en anglais à leurs enfants et à toute leur descendance.

Visiblement, la ministre a changé son capot de bord. J’aimerais savoir comment elle peut justifier ce revirement soudain.

Le Président : Mme la ministre de l’Éducation.

Mme Courchesne : M. le Président, je veux revenir sur ces propos du député de Borduas. Je me rappelle très bien, en 2008, m’être levée en cette Chambre et d’avoir dit qu’effectivement il fallait s’assurer que les fonds des commissions scolaires et la capacité des commissions scolaires de représenter leur population devait se faire dans des limites raisonnables. C’est le mot que j’avais employé, et je dis aujourd’hui que les neuf commissions scolaires anglophones ont investi...

Mme Courchesne : ...de représenter leur population devait se faire dans des limites raisonnables, c’est le mot que j’avais employé. Et je dis aujourd’hui que les neuf commissions scolaires anglophones ont investi 100 000 $ dans la représentation de leurs dossiers, ce qui veut dire que, par commission scolaire, ça demeure un montant, pris à même des revenus autonomes, qui peut être qualifié de raisonnable, M. le Président.

Cela dit, sur le fond de la question, ces commissions scolaires, par l’intermédiaire de leurs commissaires élus à même les fonds autonomes, ont fait le choix de représenter leur population. Moi, je n’ai pas à juger d’une telle décision sur la base d’élus qui ont été élus démocratiquement par leur population, M. le Président...

Le Président : En terminant, en terminant.

Mme Courchesne : ...et, dans ce sens-là, je pense que si... Il y a deux aspects à la question...

Le Président : En question complémentaire, M. le député de Borduas.

Des voix : En principale.

Le Président : En question principale, M. le député de Borduas.

M. Curzi : M. le Président, il y a 90 % du financement des commissions scolaires qui provient de fonds publics, soit du ministère soit de la taxe scolaire, le 10 %. Mais la véritable question à laquelle la ministre doit répondre, c’est : Est-ce qu’elle est d’accord pour qu’augmenter... que pour, en vue d’augmenter la clientèle des écoles anglophones, on contourne la loi 101 ? C’est à cela que la ministre de l’Éducation de tous les Québécois doit répondre.

Et aujourd’hui il y aura une motion, et la ministre devra choisir, et elle sera surveillée par tout le monde, pour savoir : Est-ce qu’elle va favoriser l’augmentation du nombre de francophones et d’allophones qui vont s’acheter une éducation en anglais, ou est-ce qu’elle va défendre vraiment la loi 101 ? Quel sera le choix de la ministre ?

Le Président : Mme la ministre de l’Éducation.

Mme Courchesne : M. le Président, il y a une seule réponse à cette question-là : il y a effectivement un consensus dans notre société et ici même, à l’Assemblée nationale, pour faire en sorte que la primauté de l’enseignement en langue française, au Québec, est une valeur importante et fondamentale. Alors, M. le Président, qu’on n’essaie pas, par le moyen de cette question, de faire en sorte que nous ayons une position différente. Ça a toujours été clair, M. le Président, ça l’a été au niveau de la loi 101, ça l’a été en 2002, et ça l’est encore aujourd’hui, M. le Président.

Moi, ce que je retiens par contre de cette question-là, et ce qui m’inquiète, c’est : Est-ce que le député de Borduas veut encore relancer la division entre la communauté anglophone et la communauté francophone au Québec ?

Le Président : Alors, ceci met fin à la période de questions et de réponses orales des députés.

Le Vice-Président (M. Chagnon) : Alors, tel qu’annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion du député de Borduas débattue hier aux affaires inscrites par les députés de l’opposition. Cette motion se lit comme suit :

« Que l’Assemblée nationale du Québec réitère la position défendue par tous les gouvernements du Québec depuis l’adoption unanime de la loi n° 104 en 2002, et qu’elle dénonce la décision rendue par la Cour suprême du Canada invalidant les dispositions de cette loi. »

Fin de la citation.

Cette motion du Parti québécois a été battue 59 à 53. Tous les libéraux ont voté contre. Les députés libéraux ne dénoncent pas la décision de la Cour suprême du Canada invalidant les dispositions de la loi 104 qu’ils ont pourtant votée à l’unanimité.

Quand Pierre Curzi défend la langue française que la loi 101 vise à promouvoir, il se fait accuser par la ministre de l’éducation de vouloir “encore relancer la division entre la communauté anglophone et la communauté francophone au Québec”. Je trouve cela scandaleux.

Les études compétentes de Charles Castonguay démontrent que le français est en recul sur l’île de Montréal. Pendant que l’anglais progresse, les libéraux considèrent que les démarches de la Quebec English School Board Association qui finance Brent Tyler sont légitimes et faites “en leur âme et conscience”.

Le gouvernement du Québec est dans les mains du parti des Anglais qui défend les intérêts des Anglais. Au plus vite l’indépendance pour sortir de cette situation intolérable.

Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 30 octobre 2009




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Vos commentaires:
  • 100,000$ à Brent Tyler pour combattre la loi 104
    30 octobre 2009, par Grand-papa

    Est-elle au-dessus de tout pour penser ne pouvoir trahir ?

    « Quand je vois dans ce temple, aux vertus élevé, L’infâme trahison marcher le front levé »

    VOLTAIRE


  • 100,000$ à Brent Tyler pour combattre la loi 104
    30 octobre 2009, par RenéP.
    En somme, la ministre a voté contre la valeur de la langue francaise pour plaire aux anglos i.e. pour avoir les votes des anglos. Cette facon d’agir est la définition même de la putasserie:quelqu’un qui pose un acte contraire à sa croyance pour de l’argent (ou l’équivalent). Ce n’est pas un gouvernement que nous avons à Québec, c’est un bordel.
  • 100,000$ à Brent Tyler pour combattre la loi 104
    30 octobre 2009, par O
    Le professeur Marc Chevrier, sciences po UQUAM donnait hier soir (29 octobre) une conférence à la SSJB sur la Néo-monarchie canadienne, par rapport à la République du Québec. On retrouve le corps de sa pensée dans cet article : http://agora.qc.ca/textes/chevrier2... Dans la Néo-monarchie canadienne, les juges fédéraux n’ont d’autre légitimité que celle d’être nommés à vie par la Couronne fédérale. Ils annulent, (...)

    Lire ce commentaire

    Le professeur Marc Chevrier, sciences po UQUAM donnait hier soir (29 octobre) une conférence à la SSJB sur la Néo-monarchie canadienne, par rapport à la République du Québec.

    On retrouve le corps de sa pensée dans cet article :

    http://agora.qc.ca/textes/chevrier2...

    -  Dans la Néo-monarchie canadienne, les juges fédéraux n’ont d’autre légitimité que celle d’être nommés à vie par la Couronne fédérale. Ils annulent, amendent et réécrivent les lois des assemblées élues, n’ayant d’autres bornes à l’exercice de leur prêture que celles qu’ils veulent bien déceler dans l’interprétation de la Constitution, la loi « suprême » du pays.

    POSTES CORRUPTEURS DU RÉGIME :

    -  tous les avocats ministres ou premiers ministres qui après l’exercice de leur charge auprès de la Couronne, se retirent dans une grosse étude pour jouir du prestige et des beaux émoluments que leur vaut leur titre d’honorabilité. Au grand-duché se greffe le fief plus modeste des féaux conseillers, avocats qui après des années de loyaux services auprès de la Couronne, reçoivent le titre honorifique de Conseiller de la Reine, c.r.

    -  … la réforme constitutionnelle de 1982 fut pour la néomonarchie une apothéose. Ce triomphe concocté par Trudeau et les provinces fidèles à la Couronne se révèle par leur choix délibéré d’inscrire la néomonarchie parmi la liste des trésors du régime qui ne peuvent être retouchés ou abolis qu’avec l’unanimité de tous les parlements du pays.

    - … la Charte dote les preux chevaliers d’une arme redoutable, la « primauté du droit », fer de lance de bruyantes croisades, dont ils escomptent asséner d’un coup mortel les ambitions sécessionnistes d’une province impie.

    - Mais créer l’unité politique de la nation canadienne autour d’une religion civile comme le fondamentalisme des droits n’était peut-être pas assez pour garantir à la néomonarchie une allégeance sans faille. Né à l’origine de l’union forcée de deux peuples qui n’avaient connu que le joug monarchique, le Canada, en s’ouvrant à l’immigration, accueillerait des ressortissants de toute l’Europe, puis de tous les continents. Comment faire aimer le régime à tous ces nouveaux venus ? Là encore, une trouvaille de Trudeau le Dracon : le multiculturalisme. On a dit à satiété que cette politique instaurée en 1971 devait faire contrepoids à la prétention des nationalistes québécois de vouloir édifier au Québec un État-nation. Ce n’est pas faux.

    Ce gouvernement, tout canadian, exécute à la lettre son mandat de la Néo-monarchie d’Ottawa : Élimination du français en vue du Canadian Nation Building.

    S’il restait une majorité de Québécois nationalistes, il y a longtemps qu’on aurait mis fin au massacre !


  • 100,000$ à Brent Tyler pour combattre la loi 104
    30 octobre 2009, par André Gignac

    J’ai lu avec beaucoup d’attention votre texte et les commentaires qui s’ensuivaient et je trouve ça révoltant ! S’en est rendu que c’est le NPD qui prend la défense de la langue française au Québec ; où se cachent le PQ et le BLOC ces deux partis souverainistes sensés nous représenter et nous défendre ? Ont-ils abdiqué ? Il va falloir que le peuple qui est souverain se prenne en main et qu’il ne compte que sur lui pour faire l’indépendance qui est la seule option pour sa libération. Vive la République libre du Québec ! Vive le RRQ ! André Gignac 30 octobre 2009 *

    * 14 ans jour pour jour après le dernier référendum.


  • 100,000$ à Brent Tyler pour combattre la loi 104
    31 octobre 2009, par Marie Mance Vallée

    Pauline Marois et Gilles Duceppe se sont dits très déçus. Ensuite, silence...

    N’est-ce pas suffisant ?


  • 100,000$ à Brent Tyler pour combattre la loi 104
    31 octobre 2009, par O

    Le professeur Marc Chevrier dit aussi : (motivation de plus pour aller "chauffer les oreilles" du Prince Charles à son passage)

    Dans les républiques, le bien public appartient au peuple. Or, dans la néomonarchie canadienne, il est la chose de la Couronne.

    La plus grande fiction, la meilleure preuve sans doute de la réussite du régime, demeure toutefois la conviction largement partagée que la néomonarchie n’a qu’une fonction décorative ou protocolaire. Après tout, le peuple démet bien les gouvernements impopulaires. Monarchie ou république ? À quoi bon se fatiguer avec cette querelle ancienne. On oublie une chose. Si grands que paraissent nos droits démocratiques, il demeure que l’extension et l’égalité du suffrage, les protections accordées aux libertés civiles et publiques et les rares consultations populaires sont apparues dans l’histoire du Canada comme des concessions octroyées par le souverain au bon peuple. Ces droits et ces garanties politiques, le peuple ne les exerce pas à titre de souverain. Il est un concessionnaire dont les droits ont certes augmenté avec le temps, mais ce sont le monarque et ses représentants présomptifs qui possèdent le pouvoir originel et résiduel.

    En somme, dans les républiques, le pouvoir procède de la base ; dans la néomonarchie, il tombe du monarque vers le peuple. Nuance.


  • 100,000$ à Brent Tyler pour combattre la loi 104
    31 octobre 2009, par le 53

    une seule chsose à faire. Moi , je l’ai copier sur mon ordinateur et je vais l’imprimer et la faire lire à tout ceux qui sont de bonne foi ! Juste au moulin il y a au moins 300 travailleurs c’est un bon commencement ?

    le militant 53


  • 100,000$ à Brent Tyler pour combattre la loi 104
    2 novembre 2009, par Jean-François-le-Québécois

    Alors, l’avocat Brent Tyler sera grassement payé, par de l’argent venant de nos impôts pour s’attaquer à la loi 101 ?

    Et après ça, les fédéralistes nous parleront de la saine et équitable gestion du parti libéral de Jean Charest !

    Il y a de quoi mourrir de rire !



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